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Le Brésil surprend en réduisant sa production de nickel

Les valeurs liées aux matières premières ont rebondi mardi et anticipaient une action de la Chine pour soutenir son économie. L'annonce inattendue d'une réduction de la production de nickel au Brésil fait rebondir les cours du LME à Londres. 

Alliage de fer et de nickel Larco pour l'industrie de l'acier inoxydable. © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Alliage de fer et de nickel Larco pour l'industrie de l'acier inoxydable.
  • Par Alain Jeannin
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Votorantim Metals va retirer 43.000 tonnes de nickel du marché. Le groupe brésilien y ajoute 13.000 tonnes de concentrés qu’il fournissait au producteur australien Mirabela Nickel. Moins connu que Vale, première multinationale brésilienne qui a repris les activités du métallurgiste INCO au Canada et a hérité de l’usine de Goro (VNC) en Nouvelle-Calédonie, Votorandim Metals (VM) est un conglomérat brésilien très actif dans le secteur du ciment dont le mode de production n’est pas très éloigné de celui du nickel, qui est la seconde activité de VM.
 

Arrêt des opérations sur certains sites

Dans un communiqué publié lundi soir, le second producteur brésilien de nickel a annoncé l’arrêt des opérations de production des sites industriels de Niquelandia et Sao Miguel Paulista, jusqu’à ce que les conditions du marché des métaux permettent la reprise de l’activité. Selon l’Union des travailleurs de l’industrie extractive brésilienne, « près de 800 emplois directs vont être supprimés et deux fois plus en comptant les sous-traitants ». La direction de Votorandim Metals souligne de son côté que « la baisse de 40% des cours du nickel qui a atteint l’un des niveaux les plus bas de son histoire impose ces suppressions d’emploi et l'arrêt de la production. » Ni la mise en place d’une gestion rigoureuse ni l’optimisation des coûts de production n’auront donc suffi « d’autant que la viabilité économique de la production de nickel n’est pas démontrée dans un proche avenir » souligne un communiqué de l'entreprise.
 

Une ville en état de choc

L'arrêt de la production de nickel qui interviendra entre le 1er février et le 1er mai a fait l’effet d’une douche froide dans la ville de Niquelandia, à 200 kilomètres au nord de la capitale Brasilia, rapporte le quotidien local Diaro de Goais. Et ce n’est pas l’annonce de la "mise sous cocon" des infrastructures industrielles ni le financement maintenu des programmes sociaux qui a rassuré la population. D’autant que 10% seulement des mineurs et métallurgistes devraient conserver leur emploi. « Il y aura un effet d’entrainement terrible pour la ville, des magasins vont fermer, le budget de fonctionnement sera réduit, les taxes et impôts vont diminuer et les métallurgistes ne pourront plus rembourser leurs emprunts » souligne le maire de la ville.
La tourmente brésilienne affectera aussi l’entreprise Mirabela Nickel, un producteur australien qui se trouve déjà en redressement judiciaire et va devoir renoncer aux 23.000 tonnes de concentrés de nickel que lui fournissait Votorantim Metals qui arrête aussi la production de mattes.
 

La City de Londres apprécie

Ces nouvelles sont un coup dur pour l’activité industrielle du Brésil. Le gouvernement du pays, qui s’efforce de relancer son économie qui tourne au ralenti, va devoir s’impliquer dans la crise du nickel. Un producteur s'éteint et la Bourse respire ? La décision de Vororantim Metals répond en tout cas aux attentes des Traders et analystes du marché mondial des métaux (LME). La réduction de l’offre mondiale de nickel amène mécaniquement un renchérissement des cours du métal. C'est la raison pour laquelle le cours du métal progressait de 1,72 % mardi en début d'après midi à 8.725 dollars la tonne, et de 6,44% sur la semaine.

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