Publication de la biographie de C.L.R. James, le "Platon noir" trinidadien

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C.L.R. James
L'écrivain trinidadien C.L.R. James (1901 - 1989). ©DR
Les éditions La Découverte publient la biographie du Trinidadien C.L.R. James, grande figure intellectuelle de la Caraïbe, acteur de la lutte des droits civiques aux Etats-Unis et l’un des premiers militants panafricains. Parcours et extrait. 
Le journal Times de Londres l’avait dénommé « le Platon noir ». Né à Trinidad, alors colonie britannique, en 1901 et mort à Londres en 1989, C.L.R. James est peu connu dans l’espace francophone. Une biographie, qui paraît aux éditions La Découverte et signée Matthieu Renault, maître de conférences en philosophie à l’université Paris VIII, vient de réparer cette injustice.
 
C.L.R. James fut en effet une figure intellectuelle majeure dans la Caraïbe, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Seulement deux de ses livres, l’un consacré à l’histoire d’Haïti et l’autre au problème du racisme aux Etats-Unis, ont été traduits en français (« Les Jacobins noirs. Toussaint Louverture et la révolution de Saint-Domingue », éditions Amsterdam ; et « La question noire aux Etats-Unis : 1935-1967 », éditions Syllepse). Cependant James a écrit près d’une vingtaine d’ouvrages, sans compter de très nombreux articles et études parues dans diverses revues.
 

Marxiste convaincu 

Enseignant au Queen’s Royal College à Port-of-Spain à Trinidad, James s’installe dans les années trente en Grande-Bretagne où il rejoint le mouvement ouvrier. C’est alors un marxiste convaincu, qui étudie également les écrits de Lénine et de Trotski. Il participe également aux activités du mouvement panafricain de Londres. En 1938, il part pour les Etats-Unis. Là-bas, il essaie de développer les bases d’un « marxisme noir », qui articulerait la théorie socialiste aux luttes des Noirs pour la liberté. Arrêté par les services américains de l’immigration, il sera emprisonné durant quelques mois puis expulsé des Etats-Unis.
 
Ses recherches se poursuivent à Londres, particulièrement sur la condition ouvrière et l’art populaire. Alors que l’Afrique est engagée sur la voie de la décolonisation, C.L.R. James se rend au Ghana en 1957, à l’invitation de son premier président Kwame Nkrumah, auquel il consacrera un ouvrage. Dans les années soixante et soixante-dix, il fait de nombreuses conférences au Canada et aux Etats-Unis, où il analyse notamment le mouvement du Black Power. Aujourd’hui, James, qui était par ailleurs passionné d’art et de cricket, est considéré comme l’un des pionniers de ce que l’on appelle les « études post-coloniales ».
 

LISEZ les premières pages de « C. L. R. James, la vie révolutionnaire d'un "Platon noir" », de Matthieu Renault

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Matthieu Renault, « C. L. R. James, la vie révolutionnaire d'un "Platon noir" », éditions La Découverte, 227 pages, 19 euros. (A paraître le 25 janvier).