L’association des familles des victimes de la Yéménia interpelle les candidats à la présidence des Comores

L'ancient président des Comores et candidat Azali Assoumani en meeting le 24 janvier à Moroni
Il y a un an et deux mois, le tribunal de Moroni condamnait la Yéménia à payer des indemnités, mais faute de signature, les familles de dix victimes n’ont jamais reçu d’indemnisation. A la veille du premier tour des présidentielles aux Comores,  l’AFVCA interpelle les candidats. 
Le 29 juin 2009, un Airbus A 310 de la compagnie Yemenia Airlines s'abîme en mer faisant 152 victimes, et une rescapée, Bahia Bakari.  Le vol emprunté par les victimes est parti de Marseille. Le crash a eu lieu aux abords de Moroni.

Des candidats interpellés

Cinq ans plus tard, le 9 décembre 2014, le Tribunal de Première instance de Moroni rend un jugement condamnant la Yéménia à régler des indemnités aux proches des victimes. Faute de signature, ce jugement n’est toujours pas appliqué. C’est pourquoi l’association des familles des victimes de la catastrophe aérienne de la Yéménia (AFVCA) interpelle les candidats à la présidence de l'Union des Comores. Le premier tour doit se tenir ce dimanche 21 février.

Manifestation à Marseille des familles des victimes de la Yéménia en 2013
 

"Pris en otage"

"La plupart des familles des victimes du crash de la Yéménia ont vu leurs dossiers avancer. A Marseille, les choses bougent malgré tout", explique à La1ere.fr Saïd Assoumani, le président de l’AFVCA. "En revanche, ceux dont les dossiers ont été déposés à Moroni ont la nette impression d’avoir été pris en otage", précise-t-il. Cela concerne une centaine de dossiers d’ayants droit, époux, épouses, enfants, ascendants, oncles, tantes, frères et sœurs, de vingt victimes du crash. "Selon les conventions internationales, ces familles ne pouvaient pas être défendues en France, car tout dépend de la destination finale du billet d’avion de la victime", explique Saïd Assoumani.
 
Cérémonie en hommage des victimes de la Yéménia le 28 juin 2015

Indemnisations au point mort

A plusieurs reprises, les trois avocats de l’AFVCA se sont rendus dans la grande Comore. Ils ont rencontré l’ambassadeur de France à Moroni, le ministre de la Justice de l’Union des Comores, le président du Tribunal d’instance de Moroni. Rien n’y a fait, le jugement n’est toujours pas signé. La procédure est au point mort depuis un an et deux mois. C’est pourquoi l’AFVCA a décidé il y a trois jours d’interpeller par courrier les 25 candidats à l’élection présidentielle de l’Union des Comores qui va se dérouler ce dimanche.
 

Lettre de l'AFVCA

Dans sa lettre, l’AFVCA demande aux candidats de répondre clairement à trois questions.

"En tant que candidat à la Présidence de l'Union :
1- Vous engagez-vous à faire toute la lumière sur les causes de cette douloureuse situation qui affecte des familles qui attendent Justice ?
2- Vous engagez-vous à prendre toute disposition pour obtenir qu'il soit sans délai apporté remède à la paralysie de la Justice comorienne ?
3- Aucune raison n'a été donnée à la non-signature d'un jugement publiquement rendu et à la non délivrance des titres exécutoires du jugement du 9 décembre 2014 : quelles mesures vous engagez vous à mettre en œuvre pour faire cesser ce trouble gravissime de nos institutions judiciaires et en identifier les responsabilités et les responsables ?"

 
L’association des familles des victimes espère ainsi que les ayants droit auront enfin une réponse à leurs demandes.