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Guyane : un laboratoire de haute sécurité pour étudier les fièvres hémorragiques

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Vue du laboratoire de biologie médicale (LBM) de l’Institut Pasteur de Guyane. ©DR
L'institut Pasteur dispose désormais en Guyane d'un nouveau "laboratoire de biosécurité de niveau 3 +", destiné à étudier les fièvres hémorragiques en Guyane et en Amazonie, qui a été inauguré samedi à Cayenne par la ministre de la Santé Marisol Touraine. 
Pour le directeur de l'Institut Pasteur de la Guyane, Mirdad Kazanji, il s'agit d'un "bijou technologique". "Avec 200 millions d'habitants, le Brésil (pays voisin, ndlr) ne dispose pas d'un laboratoire avec de tels systèmes de filtration", a-t-il expliqué."Ce laboratoire présente une offre certaine pour la France et pour les autres pays du monde. Votre institut s'enrichit de nouveaux équipements qui ne sont pas courants", a souligné la ministre de la Santé. Elle a achevé dimanche en Guyane son déplacement commencé aux Antilles pour faire le point sur l'épidémie de Zika.

Maladies vectorielles

L'Institut Pasteur de Guyane s'est en partie spécialisé sur les maladies vectorielles et émergentes."Le laboratoire permet de manipuler des agents comme la dengue, le chikungunya. Un poste de sécurité permet aussi de manipuler des prélèvements suspects d'Ebola", a expliqué à l'AFP Dominique Rousset, responsable du centre national de référence (CNR) pour les arbovirus (virus ayant notamment pour vecteur les moustiques, ndlr) pour les départements français d'Outre-mer.

 

Le nouveau laboratoire est un local ultra-sécurisé dans lequel sont analysés des agents pathogènes de classe 3, des micro-organismes qui peuvent provoquer une maladie grave chez l'homme (tuberculose, dengue, certains virus de fièvres hémorragiques...). Les scientifiques y travaillent dans des combinaisons semblables à celles utilisées dans les centrales nucléaires. L'accès y est réglementé, réservé au personnel formé et autorisé.

Trois centres nationaux de référence

Ce nouvel équipement co-financé par l'Institut Pasteur et les fonds européens de développement régional, vient renforcer le plateau technique de l'équipe de virologie de Cayenne. L'Institut héberge trois centres nationaux de référence (CNR) pour les arbovirus, les virus Influenzae et les Hantavirus.
           
En janvier 2016, à la demande du Suriname, l'équipe du laboratoire de virologie a étudié la souche de Zika circulant en Amérique du Sud. Les chercheurs ont réussi à établir la séquence génétique complète de la souche virale présente au Suriname. Ils ont démontré pour la première fois qu'il s'agissait d'un lignage asiatique présentant plus de 99% d'homologie avec la souche responsable de l'épidémie en Polynésie française en 2013.
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