60 ans du SMA : le trait d'union entre la jeunesse des Outre-mer et le monde économique

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60e anniversaire du SMA
Des soldats du Régiment du Service Militaire Adapté de Mayotte défilent sur les Champs-Elysées le 14 juillet 2018. ©Thomas Samson - AFP

Le Service militaire adapté (SMA) fête son 60e anniversaire, et malgré un élan de scepticisme à sa création en 1961, ce dispositif innovant s'est rapidement imposé et participe chaque année à l'insertion de milliers de jeunes ultramarins. 

"C’est un trait d’union entre une histoire républicaine ancienne, le service militaire tel qu'on pouvait le connaître dans la nation française jusqu'en 1995, et en même temps une adaptation bien originale [...] entre la jeunesse de chaque territoire et le monde économique". C'est avec ces mots que le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a tenu à saluer dans une vidéo ce mardi 5 janvier, le soixantième anniversaire du SMA, le Service militaire adapté. 

L'histoire du SMA commence en 1960. A la suite de troubles survenus aux Antilles, avec une jeunesse nombreuse, inactive et délaissée, la France prend conscience du danger de déstabilisation qui menace ses départements d'Outre-mer. 

Sur proposition du général Nemo, commandant supérieur des forces armées aux Antilles-Guyane, Michel Debré, alors Premier ministre, décide de créer en 1961, à titre expérimental, un dispositif innovant pour permettre à ces jeunes de recevoir une formation professionnelle, civique et morale et de favoriser, dans le même temps, l'essor économique de ces départements, en participant à des travaux au profit de la collectivité.

Le Régiment Mixte des Antilles-Guyane (RMAG) est le premier a être crée. Il comprend un groupement en Martinique et en Guadeloupe et deux en Guyane, avec près de 1800 personnels dont 1200 recrues locales.

Sous son drapeau, il ne s’inscrira jamais de noms de victoires militaires, mais il est d’autres victoires, celles que l’on gagne contre la misère et le sous-développement. 

Général NEMO, commandant supérieur des forces armées aux Antilles-Guyane.

 

Au fil des années, le SMA s’étend à l’ensemble des Outre-mer. En 1965, à La Réunion, en 1986 en Nouvelle-Calédonie, en 1988 à Mayotte et en 1989 en Polynésie. Quelques années plus tard, en 1995, Périgueux est retenu pour accueillir un centre de formation destiné aux appelés des départements des Outre-mer qui, à l'issue de leur formation militaire initiale dans leurs départements d'origine, reçoivent en complément une formation professionnelle qualifiante dans les filières tourisme et électricien d'équipement.

Près de 6 000 volontaires

Avec un budget de 71 millions d’euros (chiffres 2019), le SMA répond à deux objectifs. Le premier est de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes de 16 à 25 ans éloignés de l’emploi et résidants dans les Outre-mer. Le deuxième est d'être en capacité d’accueillir chaque année près de 6 000 jeunes volontaires en leur permettant notamment d’acquérir des compétences professionnelles, mais aussi sociales, et un accompagnement socio-éducatif complet, en régime d’internat.

En cela, le SMA favorise l’accomplissement personnel des jeunes volontaires tout en répondant aux besoins des entreprises des Outre-mer et de l’Hexagone. Il joue enfin un rôle essentiel dans la santé publique en assurant le suivi médical, psychologique, social et physique des jeunes volontaires.

Un taux d'insertion entre 73 et 77 %

Le SMA compte aujourd'hui sept unités qui accueillent, forment et accompagnent les volontaires dans un cadre militaire. Cette formation dure environ dix mois et repose sur "les règles de vie et de disciplines militaires, renforcées par un accompagnement socio-éducatif permanent et un suivi individualisé de chaque volontaire".

En 2019, grâce notamment à l’élargissement des critères d’éligibilité, à l’adaptation de la durée de la formation en fonction du niveau scolaire ou encore à la diversification des filières professionnelles, le SMA atteint 5 787 volontaires, soit le double de l’effectif de 2010. 

Le SMA affiche à ce jour un taux d'insertion qui oscille entre 73 et 77 %, avec un pic de 82 % en 2018.