À 41 ans, le Martiniquais Michel Mothmora est à la fois boxeur, traiteur, acteur et chanteur !

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Michel Mothmora.
Selfie du boxeur martiniquais Michel Mothmora avant son retour sur le ring à 41 ans ! ©MM.
Disons qu'il est multitâche. Non seulement Michel Mothmora n'en a pas fini avec la boxe. Le Martiniquais remonte sur le ring, samedi prochain. Mais à 41 ans, il se découvre aussi une passion pour la comédie et la chanson. Tout en développant son activité de charcutier-traiteur.

Samedi 6 novembre 2021. Michel a bloqué cette date dans son agenda depuis plusieurs semaines. Rendez-vous important au gymnase Raymond Etelin de Blois. Après dix-huit mois de pandémie, le Martiniquais remonte sur un ring. Retour aux affaires. Combat de rentrée. Seul un petit détail manque encore pour que son bonheur soit complet. "À ce jour, je n'ai toujours pas d'adversaire, nous confie Michel Mothmora. C'est assez fréquent dans le monde de la boxe. Mais mon manager se démène. Ne vous inquiétez pas : il va trouver."

Heureusement car le temps presse quelque peu. L'ancien champion du monde WBF des poids moyens n'est plus un perdreau de l'année. Déjà 41 printemps au compteur. Ça peut finir par peser. "J'ai envie de me sentir jeune. Or mon corps me rappelle souvent que je n'ai plus vingt ans. Je deviens fragile. Je dois donc redoubler d'efforts. Accentuer les étirements. La récupération. Les soins. Tout cela me permet de rester performant. Papy Mothmora est toujours là !"

Le boxeur martiniquais Michel Mothmora de retour sur le ring.
Affiche du combat de rentrée du boxeur martiniquais Michel Mothmora, le 6 novembre 2021 à Blois. ©MM.

 

Un retour pour mieux partir

Ne lui parlez pas de retraite sportive. Pas tout de suite. Pas maintenant. Impossible. "Je n'aurais pas accepté que ma carrière s'arrête dans le silence d'une pandémie. À l'origine, je rêvais de disputer les qualifications pour les JO de Tokyo. La situation sanitaire ne m'en a pas donné le droit. Il était donc impératif pour moi de reboxer en 2021. J'ai besoin de dire au revoir au public."

Le rendez-vous du 6 novembre prochain ne sera pas pour autant un combat d'adieu. Juste une préparation… avant un dernier défi. "Si je gagne ce combat samedi, je veux dans la foulée, disputer un championnat européen. Finir avec une ceinture internationale, voilà qui me comblerait. Une façon de boucler la boucle proprement."

Michel Mothmora approchera alors des 42 ans. Une longévité remarquable qu'il n'avait pourtant jamais imaginée. "J'avais toujours dit que je ne boxerais plus à 40 ans. À quoi bon ? Mais la pandémie est passée par là, mettant tous les sports de combat à l'arrêt complet. Ce qui m'a fait tenir, c'est l'envie. Aujourd'hui, je prépare sereinement mes dernières échéances. Je suis en train de refermer cette belle parenthèse qu'a été la boxe dans ma vie."

Le boxeur martiniquais Michel Mothmora.
Le boxeur martiniquais Michel Mothmora en action. ©Nicolas Derre.

 

Un boxeur au service des autres

Dans sa ville de Blois, Michel jouit d'une notoriété certaine. Le public le reconnaît dans la rue, échange avec lui, l'encourage. Au fil des années, le Martiniquais est devenu un personnage incontournable. Le gentleman-boxeur n'a pourtant jamais vraiment intéressé la Fédération Française de boxe. "Je n'ai pas de relation avec ma fédération. C'est un peu dommage. En France, nous sommes boxeurs pros sans en avoir le statut. La preuve : j'ai toujours été obligé de travailler à côté pour me financer. Ça va peut-être changer avec Dominique Nato, le nouveau président. Je l'espère en tout cas."

Une chose est sûre : Michel Mothmora ne quittera pas totalement l'univers de la boxe, une fois sa longue carrière terminée. "J'aime trop transmettre. Ceci étant, je ne veux pas aller vers le haut niveau. Entraîner un boxeur par exemple, ne m'intéresse pas. En revanche, organiser des séances loisirs avec monsieur et madame Tout-le-monde, ça oui ! Cette année, j'enseigne la technique boxe, les lundis et jeudis à des passionnés. J'avoue que c'est très plaisant."

 

Boxeur, traiteur, acteur et chanteur !

En février 2021, la célèbre série de France Télévisions Capitaine Marleau vient tourner un épisode à Blois. Vanessa, la femme de Michel inscrit alors ses enfants pour faire de la figuration. Et comme les producteurs cherchent un vigile de type africain, Vanessa propose son mari. "Mais sans me prévenir ! précise Michel. Sauf que j'ai été pris doublement. Pris pour jouer le vigile et pris au jeu !" Lisez plutôt : Michel Mothmora enchaîne ensuite avec Meurtre à Blois, Ce que Pauline ne vous dit pas et Meurtre à Amboise. Sans oublier une apparition au cinéma dans Novembre avec Jean Dujardin.

Et comme le Martiniquais ne fait jamais les choses à moitié, il entre au Conservatoire de Blois. Afin d'acquérir une formation complète. Comme les Américains. Théâtre et chant. "Je m'amuse, et le hasard fait le reste. Non seulement j'apprends beaucoup dans les cours de comédie. Mais au conservatoire, il y a un groupe musical qui recherchait un chanteur. Ils m'ont pris ! J'ai même écrit le texte d'une chanson pour eux. Nous avons déjà trois concerts prévus."

Michel Mothmora est sur tous les fronts en cette fin d'année : sportif, culinaire et artistique. À se demander comment il tient. "C'est une organisation de dingues. Je suis à 200 à l'heure. En permanence. Surtout que pour les figurations, les productions m'appellent généralement la veille pour le lendemain." Tout cela est un peu de la faute de son épouse. Car c'est bien Vanessa qui a pris la liberté d'inscrire son mari à des castings. "Déjà qu'elle ne me voyait pas beaucoup mais désormais… rigole Michel. Ceci étant, elle trouve ça sympa. Elle sait que j'adore être occupé." Voire très occupé.