À l’INSEP, la Martiniquaise Sandrine Gruda et tout le basket féminin préparent 2021 sous bulle sanitaire

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Sandrine Gruda
La basketteuse martiniquaise Sandrine Gruda, joueuse leader de l'équipe de France. ©FFBB
Si tout va bien, 2021 promet un beau programme à l’équipe de France de basket féminin : un Euro en juin et des JO en juillet. Double défi excitant pour Sandrine Gruda. La Martiniquaise a rejoint les autres Bleues à l’INSEP pour un stage de préparation littéralement sous bulle.
"C’est un crève-cœur mais il faut en passer par là. Pas d’autres solutions." Ces mots sont de Jacky Commères, le directeur de la haute performance et des équipes de France de basket. Masqué et en visio-conférence depuis l’INSEP, ce haut responsable du sport français a expliqué pourquoi le rassemblement de l’équipe tricolore féminine était fermé aux médias : "Même les jeunes du Centre Fédéral qui vivent ici à l’année n’ont pas le droit d’assister aux entraînements des Bleues. C’est un esprit bulle. Il faut faire avec."
 

Sandrine Gruda, 33 ans et toujours au top

Dans cette bulle vient justement de pénétrer Sandrine Gruda. La Martiniquaise arrive d’Italie. Depuis deux ans, elle évolue à Schio près de Venise. Là-bas aussi, le protocole sanitaire s’avère très strict. Là-bas aussi, le Covid-19 a fait des ravages. Mais très vite, Sandrine a su relativiser : "Depuis le début de ce drame, ma priorité n’est pas la pratique du basket mais la santé mondiale. J’ai donc accepté le report des différentes compétitions avec une grande sagesse. Aujourd’hui cependant, je ne vous cache pas que je suis très heureuse de retrouver l’équipe de France."

À aujourd’hui 33 ans, Sandrine Gruda affiche un palmarès incroyable : vice-championne olympique en 2012, championne d’Europe en 2009, championne WNBA en 2016, sept fois championne de Russie, championne d’Italie en 2019…
Son appétit de titres pourtant demeure immense. En 2021, elle vise une nouvelle médaille d’or à l’Euro (17 au 27 juin) et un nouveau podium aux JO de Tokyo (23 juillet au 8 août). Et après ? Une retraite internationale bien méritée ? "Certainement pas ! répond la Martiniquaise. Mes adieux à l’équipe de France ne sont pas à l’ordre du jour."
 
Kendra Chéry
La Guadeloupéenne Kendra Chéry fait ses premiers pas avec l'équipe de France senior. ©Kendra Chéry.
 

Kendra Chéry, la relève n’a que 19 ans

Si Sandrine Gruda ne veut pas se retirer pour le moment, elle va devoir au moins surveiller de près la jeune génération montante. Une autre Martiniquaise Iliana Rupert, 19 ans a déjà son rond de serviette chez les Bleues. Une blessure à la cheville droite la prive de ce rassemblement à l’INSEP ? Pas grave. Une autre jeune pousse arrive : la Guadeloupéenne Kendra Chéry, 19 ans elle aussi. Première convocation au sein de l’équipe de France senior. Un choix d’avenir. "Oui et non, corrige Valérie Garnier, l’entraîneure des Bleues. Même si une joueuse comme Kendra pense plutôt aux JO de 2024, voire de 2028, elle a le droit de rêver en grand. C’est sa première participation. Si elle parvient à vite prendre la mesure de l’équipe de France et de la haute performance, pourquoi devrais-je lui barrer la route de Tokyo ?"

Quatorze ans séparent Kendra Chéry de Sandrine Gruda. Cette dernière a connu la même expérience jadis en intégrant l’équipe de France auprès des deux légendes martiniquaises Nathalie Lesdema et Sandra Dijon. À la star de Schio désormais de jouer les grandes sœurs : "Le temps passe vite, sourit Sandrine Gruda. Je suis effectivement toute disposée à parler avec Kendra. Il est important de savoir se fixer des objectifs et de se battre pour les atteindre. D’autres conseils ? Oui mais en privé, juste pour elle."
 
L'équipe de France de basket féminin.
L'équipe de France de basket féminin en stage à l'INSEP / Novembre 2020. ©Twitter INSEP.
 

N’oublions pas le 3x3

Précision importante : le rassemblement du basket féminin à l’INSEP est général. Il y a bien le 5x5, le basket traditionnel. Dix-sept filles composent ce groupe France. Mais il y a aussi le 3x3, le fameux basket qui monte. Des matchs de dix minutes sur des moitiés de terrain dans une ambiance survoltée. Et dans le groupe France de 3x3, on retrouve la Calédonienne Soana Lucet. À 33 ans, la joueuse de La Roche Vendée découvre les joies du maillot tricolore et peut rêver d’une première expérience olympique.

Attention cependant, le collectif 3x3 n’a toujours pas son billet pour les JO de Tokyo. Et la situation sanitaire maintient les Bleues de la discipline dans un certain flou : "À ce jour, précise Jacky Commères, un TQO (Tournoi de Qualification Olympique) est prévu fin mai en Autriche. Mais nous sommes dans ce que j’appelle l’accompagnement de l’incertitude. J’espère que ce TQO pourra se dérouler. Pour l’instant, nous n’avons aucune information. Nous ne pouvons que croiser les doigts."
 
L'équipe de France de basket 3x3.
L'équipe de France de basket 3x3 avec tout au fond en rouge, la Calédonienne Soana Lucet. ©Twitter INSEP.