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L'agriculture hydroponique, l’avenir contre les effets du réchauffement climatique ?

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L'agriculture hydroponique, vous connaissez ? C'est une agriculture hors sol, qui utilise une eau recyclée. Avec le réchauffement climatique elle paraît donc très adaptée aux pays et régions qui souffrent de plus en plus du manque d'eau et de terres cultivables.
La technique se développe dans plusieurs zones du monde comme l'Afrique australe, notamment au Kenya ou encore au Zimbabwe. C’est la voie qu’a suivie avec succès une habitante d’Harare, la capitale de ce pays.

Des plantes hors sol, alimentées seulement par de l'eau recyclée enrichie de nutriments. Dans la petite serre de Venensia Mukarati, à Harare, ce système de culture hydroponique n'a coûté guère plus de 800 euros. Des salades, des épinards, des concombres et diverses herbes y sont cultivés. La technique nécessite très peu d'eau et de traitements phytosanitaires.
 

Version rentable

L'agriculture, en version verticale, semble donc plus rentable qu'au sol. Cela a permis à l’exploitante de faire face à la sécheresse et à la crise économique qui ont frappé le Zimbabwe, comme des pays voisins. Son explication est simple : « Ma facture d'eau a baissé de 90%... L'autre raison pour laquelle j'ai opté pour la culture hydroponique c'est la vitesse de croissance des plantes. C'est plus rapide. Je peux récolter plus vite qu'en agriculture au sol. »
 
©la1ere

Il ne faut plus que six semaines au lieu de dix pour produire une laitue, par exemple. Venensia est comptable. Mère de deux enfants, elle ne voyait l'agriculture que comme un hobby pour une consommation familiale. C'est devenu un vrai business avec deux serres. Une activité en plein développement : chaque récolte est passée en moyenne de 140 à 2600 légumes.

La cultivatrice a dans sa clientèle certains des meilleurs restaurants de la ville. Tous se disent ravis comme Lesley Lang, propriétaire du célèbre "Alo Alo" : « Ses laitues sont d'une telle qualité, que j'en utilise beaucoup… Ce sont les meilleures laitues que j’ai eu le plaisir d’acheter au Zimbabwe. »
 

Réel espoir

Un autre intérêt de l’agriculture hydroponique est mis en avant par David Reeler, directeur du marché agricole de Pomona, et client de Venensia : « Les produits sont vendus avec leurs racines. Ils se conservent donc plus longtemps. Le client peut les mettre dans l’eau… »

Venensia Mukarati compte encore quadrupler sa production dès juin prochain, avec de nouvelles installations en périphérie de la ville. Son affaire lui rapporte déjà plus de 14 fois le salaire de certains fonctionnaires. Elle forme aussi des débutants dans cette forme d’agriculture, et leur vend un pack de démarrage hydroponique pour une somme modique. Sur une vaste zone de l'Afrique australe, 45 millions de personnes survivent grâce à l'aide alimentaire. Certains perçoivent donc l'hydroponie comme un réel espoir.
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