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Alexandra Lezeau, la passion de l'urgence dans un hôpital en souffrance [Portrait 3/5]

A l’hôpital Lariboisière, Alexandra Lezeau est en première ligne. C’est elle qui reçoit les patients, évalue leur traumatisme et les dirige ensuite vers un médecin. A 33 ans, cette Guadeloupéenne est infirmière dans le plus grand service des urgences de la capitale

Alexandra Lezeau, infirmière aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris © La1ère
© La1ère Alexandra Lezeau, infirmière aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris
  • Par Pierre Lacombe
  • Publié le
Quand elle est planifiée le matin, Alexandra prend son service à 6H45 et jusqu’à 14 heures, elle va accueillir et examiner en flux continue une trentaine de patients, parfois davantage. Certains arrivent à pied, d’autres en ambulance pour un simple bobo, une crise d’asthme, une détresse respiratoire, un arrêt cardiaque ou encore une tentative de suicide... La liste des traumatismes est longue. Aux urgences, le personnel ne refuse jamais personne, quelle que soit l'heure ou le jour, c'est la règle. 
 
Entre deux examens de patients, Alexandra peut vérifier en un coup d'oeil sur un ordinateur l'activité du service. "Généralement, les premières heures de la matinée sont plutôt calmes, mais plus on avance dans la matinée et plus l'activité devient intense", affirme t-elle. 200 patients sont pris en charge chaque jour. Avec plus de 73 000 patients par an, les urgences de l'hôpital Lariboisière est le plus grand centre de Paris. 

Unanimement appréciée 

Alexandra est diplômée depuis 5 ans et exerce aux urgences depuis trois ans. Ce métier, elle l’a choisi et ne le regrette pas.

C’est quand même la première fois dans ma vie que je fais un métier où quand je viens de travailler, je suis heureuse. Ça n’a pas de prix.


Sa passion et son investissement sont très appréciés dans le service et notamment par le patron qui, comme elle, est d'origine guadeloupéenne. "Alexandra est une infirmière que tout le monde aime beaucoup, elle est très sérieuse et adore ce qu’elle fait. Elle fait partie de ce personnel qui a envie de s’investir", indique le professeur Patrick Plaisance. 


Un personnel en souffrance 

Alexandra Lezeau, infirmière aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris © La1ère
© La1ère Alexandra Lezeau, infirmière aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris

Dans les hôpitaux publics, une infirmière débute sa carrière avec un salaire de 1700 euros net et de nombreuses contraintes. Aux urgences, Alexandra travaille 15 jours le matin, puis 15 jours l’après-midi, un week-end sur deux et quelques nuits ici où là pour arrondir les fins de mois. Les horaires sont malléables et les journées sous pression.

On est vraiment en souffrance et on n'est pas du tout entendu. Nous manquons de personnel, nous manquons de moyens, nous sommes très fatigués. Vous avez vu mes horaires, c'est très dense, très intense. Du coup, il y a une vraie fatigue physique.


Ces conditions de travail particulièrement difficiles n'altèrent pas pour autant le moral d'Alexandra. Elle espère simplement que ceux qui dirigent les hôpitaux publics, le ministère de la Santé et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, prennent davantage conscience que l'hôpital ne doit pas devenir une entreprise. Il doit rester ce lieu où l'on accueille, réconforte et soigne des personnes en souffrance.   
Ces Antillais qui font battre le coeur de l'hôpital (3)

 

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