L’ancien patron du football brésilien, incarcéré, libéré plus tôt grâce au coronavirus…

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Jose Maria Marin
Jose Maria Marin en novembre 2017. ©Don EMMERT / AFP
Jose Maria Marin, n’ira pas jusqu’au bout de sa peine de prison aux Etats-Unis. A cause des risques liés au coronavirus, l’ancien président de la confédération brésilienne de football, condamné dans le cadre de l’affaire du Fifagate, bénéficie d’une libération anticipée.
Pour la majorité de la population des pays touchés, confinée, le Covid-19 entraîne, de fait, une restriction de liberté. Pour une  petite minorité, c’est l’inverse. Ainsi, Jose Maria Marin devait sortir de prison plus tôt que prévu grâce au coronavirus.
 

Raisons de santé

L’ancien patron de la CBF, la Confédération Brésilienne de Football, purgeait une peine de 4 ans de prison à Allenwood en Pennsylvanie dans le cadre d’une affaire de corruption au sein de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), lors de l’organisation de la coupe du Monde 2014, dont la phase finale s’était déroulée au Brésil. Il n’aurait dû sortir qu’en décembre.

La juge Pamela K. Chen, du tribunal fédéral de Brooklyn, chargée de l’affaire, a accédé aux demandes de ses avocats. Elle a reconnu une détérioration de son état de santé et les risques encourus par cet homme de 87 ans à cause de la pandémie actuelle. Jose Maria Marin avait en outre un statut de délinquant non violent. Il était donc attendu au Brésil, où il n’a pas mis les pieds depuis 5 ans.

A noter qu’il n’est pas le seul. Des milliers de détenus seraient actuellement libérés des prisons américaines à cause des risques de propagation de la maladie.
 

Fifagate

Jose Maria Marin avait été arrêté en 2015 lors du congrès de la FIFA à Zürich en Suisse, et extradé avec d’autres responsables aux Etats-Unis. Lors du procès, il a été reconnu coupable de 6 chefs d’accusation. Il lui est reproché entre autres des faits de racket, fraude bancaire et blanchiment d’argent. Par ailleurs, avec son adjoint, il aurait perçu plus de 6 millions d’euros dans la concession de droits de retransmission de compétitions.
 
Outre Jose Maria Marin, Juan Angel Napout, ancien patron de la fédération paraguayenne de football, avait écopé d’une peine de 9 ans de prison. La plus lourde peine infligée par la justice US, à un dirigeant du football sud-américain dans le cadre du Fifagate.

Plusieurs dignitaires du football sud-américain, parmi lesquels deux autres anciens présidents de la confédération brésilienne (autres que Jose Maria Marin), et le président de la CONCACAF de l’époque (Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes) ont été mis en cause dans cette affaire mais n’ont pas été emprisonnés. Certains ont été suspendus à vie. Des droits de marketing et de retransmission de matchs du continent auraient fait, là encore, l’objet de pots de vin.

Globalement, le Fifagate porte sur une période de 25 ans. En mai 2015, 14 personnes, dont 9 hauts dirigeants de la FIFA, ont été inculpées pour racket, fraude et blanchiment d’argent par la justice américaine. Les soupçons de corruption portent notamment sur l’attribution de coupes du Monde et de droits marketing. Le montant total des bakchichs dépasserait les 137 millions d’euros. L’affaire a aussi permis de dévoiler nombre de faits anormaux dans le monde du ballon rond. Le 21 décembre suivant, on apprenait la suspension pour 8 ans de Sepp Blatter, président de la FIFA, et de Michel Platini patron de l’UEFA (Union des Associations Européennes de Football).
 
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