Après 40 jours dans une grotte, la Réunionnaise Émilie Kim-Foo raconte son "voyage au centre de la Terre"

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Emilie Kim-Foo
Premières minutes à la surface pour la Réunionnaise Emilie Kim-Foo (avec le bandana bleu) après 40 jours sous terre. ©Thierry Hilairsaint

Les 15 volontaires de l'expédition "Deep Time" sont sortis de leur confinement sous terre à 10h30 ce samedi 24 avril. Parmi eux, sac sur le dos et sourire aux lèvres, la Réunionnaise Émilie Kim-Foo. Elle raconte ce séjour hors du commun à La 1ère. 

"En bas, c'est vraiment un sanctuaire, c'est indescriptible !" Ce samedi matin, Emilie Kim-Foo est encore subjuguée : "ça a été une très très belle expérience, je crois que je me suis trouvée une nouvelle passion!" Pendant 40 jours, la Réunionnaire de 29 ans a vécu son "voyage au centre de la Terre", l'un des livres qu'elle avait d'ailleurs emporté avec elle pour ce séjour expérimental. "Je ne peux pas vous expliquer, aucun de nous pourra vous expliquer avec des mots ce qu'on a ressenti, c'est extraordinaire !"

 

L’humain face à de nouvelles conditions de vie

Ni montre, ni lumière naturelle. 40 jours sans repères du temps qui passe. Émilie Kim-Foo est l'une des 15 volontaires à avoir passé près d'un mois et demi dans une grotte à 10° et 100% d'humidité, dans le cadre de "Deep Time", une expédition de recherche scientifique. Conçue et dirigée par Christian Clot et le "Human Adaptation Institute", l'expérience a pour objectif de comprendre la différence entre la perception du temps et sa réalité. Pour y parvenir, 15 personnes ont été invitées à séjourner dans la grotte de Lombrives dans l'Ariège. Ce samedi à 10h30, ils sont sortis sous les applaudissements. 

 

Le 7 mars dernier, Christian Clot ainsi que sept femmes et sept hommes âgés de 29 à 50 ans sont entrés dans la grotte de Lombrives dans le sud-ouest de l'Hexagone. Durant 40 jours, ils n'ont eu accès à aucune information temporelle. Isolés, ils ont mené des études sur la capacité du cerveau à comprendre le temps et la capacité d’un groupe à recréer une nouvelle synchronicité, un fonctionnement, dans un système sans temporalité et extrême. "Deep Time" est une exploration rare pour comprendre l’humain face à de nouvelles conditions de vie.

La sortie, "un choc"

Quatre tonnes de matériel nécessaires à la vie dans la grotte avaient au préalable été acheminées par des bénévoles qui ont suivi l'expérience depuis la surface. 30 scientifiques, participent à l'expérience. Ils sont spécialisés dans neuf domaines différents : cognition, génétique, psychologie, éthnologie... Des prélèvements en temps réel et in situ ont été réalisés afin de mieux comprendre les mécanismes humains d'adaptation. 

Réunis à la surface sous le soleil de l'Ariège, les expérimentateurs ont livré leurs premiers sentiments. La sortie, après 40 jours, a été une surprise et "un choc" pour Émilie Kim-Foo qui pensait être "à la moitié de [son] expérience" seulement. "Quand je les ai vus arriver, je n'y croyais pas, je savais qu'on approchait de la fin mais je l'estimais à cinq ou six jours encore", explique l'infirmière. La dilatation du cycle lui a donné l'impression qu'elle était au 23e jours de l'expérience seulement. 

 

Native de Saint-Pierre à La Réunion, Émilie Kim-Foo est infirmière et vit déormais à Toulouse avec ses deux frères. Si l'aventure sous terre s'achève ce 24 avril pour elle et ses compagnons, le travail scientifique ne fait, lui, que commencer. 

Emilie Kim-Foo
©Emmanuel Gire