publicité

Archives d'Outre-mer - 1994 : Paul Gauguin en Martinique

Alors que le musée Van Gogh d’Amsterdam consacre une exposition à la période martiniquaise de Paul Gauguin, les archives d'Outre-mer retournent sur ses traces dans un reportage de Martinique 1ère datant de 1994. 

Paul Gauguin (1848-1903), "Fruits gatherers in Martinique Island" © Van Gogh Museum, Amsterdam
© Van Gogh Museum, Amsterdam Paul Gauguin (1848-1903), "Fruits gatherers in Martinique Island"
  • Par Annabelle Auberdon
  • Publié le
Obligé par le destin, malade et sans-le-sou, Paul Gauguin débarque en Martinique en juin 1887. Il arrive du Panama où il a trouvé une place de préposé aux écritures à la société de construction du canal. L'expérience tourne court. A son arrivée, il découvre Saint-Pierre, le Petit Paris, le mirage des paysages ensoleillés. Au pied du phare-sémaphore de la place Bertin, Gauguin vend sa montre pour louer une case en bois et vivre avec son frère de misère, Charles Laval, du côté de l'Anse Turin à quelques encablures de la ville et du numéro 120 de la rue Victor Hugo où il reçoit un trop rare courrier de sa femme est ses enfants restés au Danemark. Il écrit dés son arrivée à Mette, son épouse : 
 

"A la Martinique, voilà une jolie existence, nous pourrions vivre toute la famille aussi heureux que possible. La mer, bordée de cocotiers, des arbres fruitiers de toutes espèces. La nature la plus riche... Je ne pourrais te dire mon enthousiasme, je t'embrasse". Paul Gauguin

 

Révélation artistique 

Au bord de la mer des Caraïbes, à l'ombre des résiniers, l'artiste trouve dans les paysages et les habitants les thèmes et les couleurs dont il attendait la révélation. Malgré la misère toujours présente, loin de Paris et de l'impressionnisme, attitude sentimentale devant la nature, Paul Gauguin va imposer par l'affirmation du dessin, une structure plus solide du tableau. Le peintre "maudit" ne se contente pas du choc visuel ou sensuel devant tel paysage à telle heure du jour. Il demande à la peinture d'exprimer quelque chose de plus personnel, de plus volontaire, de plus équilibré dans la composition, les coloris deviennent lumineux et scintillants. 

Son inspiration est telle qu’il peindra durant son séjour de véritables chefs-d’œuvre. Même si les conditions de vie sont difficiles à l’époque, le peintre s’émerveillera de sa vie sur l’île aux fleurs. Il sera pourtant obligé de quitter l’île en novembre 1887, affaibli par la maladie et toujours sans argent.
 

Reproductions de toiles

Gauguin représente dans l'histoire de la peinture française un moment dont nous ne comprenons aujourd'hui le caractère révolutionnaire qu'en essayant de le replacer dans son temps, avec ses couleurs originelles. C'est la passion de Michel Scopas, un peintre fasciné par l’œuvre de Gauguin, qui a consacré 20 ans à reproduire les toiles du maître. 

Regardez ce reportage de 1994, diffusé dans le magazine martiniquais "Jou ouvé" présenté par Gérald Prufer :
Magazine Gauguin

Sur le même thème

  • art

    Gauguin et Laval en Martinique

    Le musée Van Gogh d’Amsterdam accueille du 5 octobre au 13 janvier une exposition sur Gauguin et son ami Laval en Martinique. C'est la première fois qu'une exposition est consacrée à la période martiniquaise de Paul Gauguin. Le peintre y a séjourné quatre mois en 1887, c'est beaucoup moins long que les dix années passées en Polynésie. Mais ce voyage l'a durablement marqué. Démonstration en trois tableaux. 
     

  • art

    Trois choses à savoir sur Jean-Michel Basquiat avant de voir l’expo à la fondation Vuitton

    Jean-Michel Basquiat n’aura vécu que 27 ans. Une vie brève mais ô combien intense. Le peintre avait des origines caribéennes, une mère de Porto-Rico et un père haïtien. La fondation Vuitton présente jusqu’au 14 janvier une rétrospective consacrée au peintre. 
     

  • art

    Adrienne Fidelin : la muse guadeloupéenne de Man Ray [PORTRAIT]

    Elle fut l'un des visages du surréalisme dans les années 1930. Ady Fidelin, Guadeloupéenne, était la muse du photographe américain Man Ray. Ses clichés dans la presse furent des symboles d'émancipation des noirs-américains. Un salon international artistique, en Guadeloupe, retrace son parcours.

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play