De l’athlétisme au bobsleigh, le Marie-Galantais Jérôme Laporal porte fièrement les couleurs de l’équipe de France

Jérôme Laporal et ses coéquipier de l'équipe de France de bob à 4 lors de la manche de Coupe du monde d'Igls en Autriche, en janvier 2019.
Il rêvait des Jeux Olympiques d’été et de performances sur les pistes d'athlétisme. Mais c'est en bobsleigh que Jérôme Laporal vise désormais les records ! Le Marie-Galantais fait ses débuts en équipe de France avec un nouvel objectif : la qualification pour les JO d’hiver à Pékin en 2022.
En attendant le retour des beaux jours dans l'Hexagone, l’étroit couloir d’athlétisme a laissé place à une piste sinueuse et verglacée. À 25 ans, Jérôme Laporal découvre le bobsleigh depuis qu’il a été contacté par la Fédération française des sports de glace. Le Marie-Galantais n’en revient toujours pas : "C’est un truc de malade ! Je n’y aurais jamais cru !"

Plus besoin de se frotter les yeux pour y croire. Depuis décembre, Jérôme enchaîne les compétitions de bob à quatre avec l’équipe de France. Ce dimanche 27 janvier, il sera au départ de la manche de Coupe du monde de Saint-Moritz en Suisse. L’équipe de France espère se qualifier pour les Championnats du monde qui auront lieu fin février à Whistler au Canada.
 

Pousser et freiner

Sa toute première descente en bobsleigh, l’Antillais l’a réalisée à l’automne dernier, en bob à 2 sur la piste d’Altenberg en Allemagne, l’une des plus dures en Europe. Ses premières sensations sont plus que mitigées : "Je n’étais pas bien, j’avais l’impression d’être dans une machine à laver, mal au crâne, se rappelle le bobeur. Au début, c’est super impressionnant. Je me suis dis ‘qu’est-ce que je suis venu faire ici ?’"

Je n’étais pas bien, j’avais l’impression d’être dans une machine à laver, mal au crâne…

 

Voilà pour le bizutage. Jérôme retrouve la piste d’Altenberg quelques jours plus tard pour la compétition, cette fois. L’équipe de bob à 4 termine à la 9ème place : "C’est bien, pour une première compétition !", confie le titulaire d'une équipe de France qui cherche un nouveau souffle après les JO de Pyeongchang en 2018.

Dernier à entrer dans le bob, Jérôme est le "breakman", celui qui freine, comme Dorian Hauterville, un autre Antillais de l’équipe. C’est d'ailleurs lui "qui a conforté mon choix de participer à ce projet et il me donne de nombreux conseils au quotidien".
 

De la Caraïbe aux Hauts-de-France

Jérôme Laporal est né le 15 septembre 1993 à Marie-Galante où vivent aujourd'hui encore ses parents. Deux autres garçons ont agrandi la fratrie par la suite. L’aîné se passionne pour le football. Attaquant, il se fait déjà remarquer pour sa rapidité.

En 2012, à presque 18 ans, son meilleur ami, en sport-études à Lille, le convainc de venir le rejoindre dans l’Hexagone. Ses parents acceptent de le laisser quitter son île caribéenne à la condition qu’il passe son bac. Marché conclu. Jérôme ira même plus loin puisqu'il est titulaire d'un BTS Management des unités commerciales. Mais peu interressé par le commerce, il choisit de passer un concours de la fonction publique. Le Guadeloupéen est policier à la Brigade de Chemins de fer de Lille.
 

Des Hauts-de-France aux descentes de bob

Cette année-là, l'ancien "footeux" fait ses débuts au club "Lille Métropole Athlétisme". "Il cherchait des sprinters, j’ai passé les tests. Ça a marché." Les bons résultats s’enchainent. En 2017, le Marie-Galantais réalise de "grosses performances" sur 60 mètres. Avec un record à 6 secondes 83, il se classe, alors, dans le top 20 des meilleurs sprinters français.

Un an plus tard, en août 2018, il est contacté via Facebook par Max Robert, médaillé de bronze en bob à 4 à Nagano. Ce dernier cherche des sprinters pour relancer l’équipe de France et préparer les JO de 2022 à Pékin. Les performances de l’athlète guadeloupéen sur 60 m. lui ont tapé dans l’œil. Flatté, Jérôme consulte son entraineur au Lille Métropole Athlétisme, Nicolas Vii, qui l’encourage."Il m’a dit ‘vas-y, fonce ! T’as une chance, il ne faut pas la rater !’" Mais pas question d'abandonner l'athlétisme pour autant. Il rechaussera les pointes pour la saison estivale. 
 

La fierté de représenter Marie-Galante

Si l'athlète accepte de s'initier au bob, c'est aussi pour la fierté de porter les couleurs nationales. "C’est une fierté de représenter Marie-Galante en équipe de France. Je crois que je suis le seul Marie-Galantais dans l’histoire de ce sport." Un autre Ultra-marin fait ses débuts à la même époque : le Guyanais Alan Alaïs. Blessé, il a dû mettre sa saison entre parenthèses.

Il fait également la fierté de ses proches qui vivent dans la Caraïbe, loin des pistes de bobsleigh. "Quand m'a mère a réalisé, elle était très émue. Lorsqu'elle a vu que je portais le maillot de l'équipe de France, elle était vraiment fière.