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Besse en Auvergne ou le monastère des chercheurs de retour d’expédition Outre-mer [VIDEO]

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Centre biologique de Besse
Centre biologique de Besse ©CB
Quelques mois après leur dernière expédition en Nouvelle-Calédonie, des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle ainsi que des scientifiques du monde entier se retrouvent en Auvergne pour faire le tri des espèces récoltées. Un travail long et laborieux, mais utile pour la science. 
Quand on pénètre dans le centre biologique de Besse en Auvergne, il s’échappe parfois une drôle de musique monastique. Des chants grégoriens pour trier des mollusques ! Il fallait y penser. Mais pour trier ces minuscules coquilles, il faut s’armer de patience. Les moines sur leurs enluminures devaient être animés de la même passion pour leur ouvrage. Reportage à découvrir ci-dessous (France Ô/La1ère) :

©la1ere

Mollusques et crustacés

Dans la salle des mollusques, ils sont six. Les deux Danielle, professeure et chercheuse en biologie, des deux Philippe (Bouchet et Maestracci), Anders Warren, biologiste marin de Stockholm et une chercheuse du Muséum d'histoire naturelle de Londres. Ils ont vingt jours pour  trier des milliers d’espèces rapportées de Nouvelle-Calédonie.

Philippe Maestracci
Philippe Maestracci, du Muséum national d'histoire naturelle ©CB

Armés de pinces et de microscopes, ils trient, nomment, étiquettent et classent dans de petites pochettes. C’est grâce à ce labeur qui peut paraître rébarbatif que de nouvelles espèces sont découvertes, nommées puis décrites.

Amphipodes ou puces de mer

Dans la salle des crustacés, Laura Corbari, chercheuse au Muséum national d'histoire naturelle passe beaucoup de temps, penchée sur son microscope. "Je travaille ici sur le groupe des Amphipodes qui est le groupe des puces de mer, explique-t-elle à La1ère. C’est un groupe très diversifié. Il y a à peu près 10 000 espèces connues.

Laure Corbari
Laure Corbari, chercheuse au MNHN ©CB

"Les amphipodes, on peut les retrouver dans différents environnements marins, dans des environnements d’eau douce, poursuit Laure Corbari. Ils sont à la base de l’alimentation des poissons essentiellement, mais aussi d’autres organismes. Nous allons découvrir pas mal d’espèces nouvelles avec le matériel rapporté de Nouvelle-Calédonie car c’est un groupe assez méconnu dans cette zone-là".
 

Galathées de toute beauté

En matière de crustacés, la Nouvelle-Calédonie est un Eldorado qui intéresse des scientifiques du monde entier. Pour l'Espagnol Enrique Mac Pherson, spécialiste des galathées, le caillou a été la source de beaucoup de découvertes. "On a trouvé 500 espèces nouvelles pour la science seulement autour de la Nouvelle-Calédonie. Ce qui est vraiment un record mondial en crustacés", déclare-t-il. 

Enrique Mac Pherson
Enrique Mac Pherson, spécialiste des galathées ©CB

Les galathées, très doués pour le camouflage sont d’une beauté époustouflante. Ils vivent sur des coraux, des éponges ou des algues.

Galathées
Galathée ©EM


Séquençage moléculaire

Pour identifier les espèces, les scientifiques ont de plus en plus recours au séquençage moléculaire. Il faut pour cela recueillir des échantillons de tissus des animaux.

Ce qui est intéressant avec les deux missions KanaDeep et KanaCono, c’est qu’on est retourné dans des zones beaucoup prospectées dans les années 80-90, mais à une époque où il n’y avait pas de séquençage ADN", précise Nicolas Puillandre du Muséum national d'histoire naturelle. 


Nicolas Puillandre
Nicolas Puillandre, chercheur au Muséum ©CB

Endémisme unique au monde

Les espèces triées et étudiées par les chercheurs viennent de plusieurs endroits au large de la Nouvelle-Calédonie : la ride de Norfolk, les plateaux des Chesterfield et des Belonna, Des lieux où des animaux ne se trouvent que là.

"Ce qui est étonnant dans les faunes profondes que nous sommes en train de trier ici. Ce sont des niveaux d’endémisme très élevé pour du marin, s'enthousiasme Philippe Bouchet, directeur du programme la Planète revisitée au Muséum national d'histoire naturelle. Entre 30 et 50% des espèces ne se trouvent que là. C’est absolument extraordinaire. 


Philippe Bouchet
Philippe Bouchet, directeur des expéditions du Muséum ©CB


Une richesse à préserver

Pour Philippe Bouchet, spécialiste des Mollusques marins qui a pourtant sillonné les mers du sud, du Vanuatu aux Fidji en passant par la Papouasie Nouvelle-Guinée, La Nouvelle-Calédonie possède une nature unique au monde, une richesse à préserver. Ces espèces seront peut-être demain la source de découvertes scientifiques ou médicales. 


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