Biodiversité : un outil pour évaluer la réhabilitation des mangroves

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Mangroves en Guadeloupe
©BRUSINI AURÉLIEN / HEMIS.FR / HEMIS.FR / HEMIS VIA AFP
Des scientifiques du Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, ont mis au point un algorythme pour mieux protéger les mangroves et "assurer un suivi efficace et automatique des peuplements". 
Véritables forêts entre terre et mer, les mangroves constituent des écosystèmes parmi les plus riches en biodiversité. Dans le cadre du projet Rescue consacré à la surveillance et à la restauration des écosystèmes côtiers durables, Valéry Gond, géographe spécialiste de la télédétection au Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, et son équipe ont mis au point un outil algorithmique dédié au suivi des mangroves.
 

Comment mieux protéger les mangroves

Mangroves en Martinique
Sentier sportif dans la Mangrove au Lamentin en Martinique ©EUCC

Dans le souci de mieux protéger les mangroves, notamment des pratiques non durables telles que l’aquaculture et la crevetticulture intensives ou le défrichement pour récolter du bois, « il est essentiel d’assurer un suivi efficace et automatique de leur dynamique", précise le Cirad.  

L'équipe scientifique a choisi d’étudier un peuplement de mangroves au Sud-Est de la Thaïlande. Sur place, ils ont constaté que, "les arbres naturels se mélangent aux arbres plantés par l’homme. En termes de réhabilitation, une seule espèce – Rhizophora - a été utilisée au début des années 90, tandis que les mangroves naturelles bénéficient d’une plus grande diversité avec quatorze espèces dont les principales sont Avicennia et Bruguiera".

Avec la puissance de calcul de Google Earth Engine, les chercheurs ont analysé et synthétisé près de 30 ans de données des satellites Landsat pour mesurer les différents taux d’activité photosynthétique, le processus par lequel la plante élabore son propre aliment, de ces forêts immergées. 

Valéry Gond et son équipe se sont également appuyés sur des images de drones qui ont permis d’analyser les structures végétales et l’évolution de ces mangroves.

"Les résultats montrent qu’après 28 ans, les mangroves réhabilitées atteignent quasiment la même hauteur que les peuplements naturels, 18 mètres pour les forêts naturelles et 14 mètres pour les forêts en régénération", indique le Cirad, qui ajoute, "l’étude démontre également qu’elles ont besoin d’une période d’au moins 7 ans, pouvant aller jusqu’à 13 ans pour disposer d’un taux d’activité photosynthétique similaire à celui des peuplements naturels."
  

Le rôle essentiel des mangroves 

Une mangrove est une forêt qui prend appui sur un substrat vaseux. Certaines mangroves poussent même directement dans l’eau saumâtre ou l’eau de mer. Elles forment des barrières naturelles contre les assauts des océans et protègent les côtes de l’érosion. Elles sont également reconnues pour leur rôle dans le stockage de carbone et dans la régulation du climat. Elles fixent également les sédiments dans le sol et agissent comme un filtre en purifiant l’eau permettant aux coraux de se développer au large. C’est une zone de refuge et de nurserie pour de nombreuses espèces animales.

Les mangroves en Outre-mer

En outre-mer les mangroves se localisent en Guyane française (70000 ha), en Nouvelle-Calédonie (25884 ha), en Guadeloupe (3983 ha), en Martinique (moins de 2000 ha), à Mayotte (735 ha), aux Îles éparses (700 ha), à Wallis et Futuna (20 ha) et enfin en Polynésie (un peu plus de 4 ha).



 
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