Boom du nickel +20 % en 2020 : la Nouvelle-Calédonie a été freinée dans son élan

chronique économique
NICKEL
Convoyeur de nickel sur le site minier de la SLN à Thio ©Anne Claire Monna AFP

Le prix du nickel a atteint des sommets, jamais vus depuis octobre 2019. La demande pour les batteries des voitures électriques a bénéficié d’un engouement sans précédent auquel s’ajoute un récent boom de l’acier. Deux bonnes raisons d'espérer pour la Nouvelle-Calédonie..

La fonderie de nickel du groupe français Eramet en Nouvelle-Calédonie a repris sa production après l'assouplissement des blocages qui ont perturbé son approvisionnement en minerai. La SLN est le plus ancien producteur de nickel au monde. En revanche, l’usine du Sud de Vale-NC est à l’arrêt après la destruction d’une partie de l’outil industriel. Pour l’usine du Nord, la production est encore  limitée et la rentabilité n’a pas été atteinte. Les trois usines calédoniennes produisent un métal qui répond aux normes environnementales et sociétales les plus élevées. Un atout mais aussi un handicap face à leurs concurrents à bas coûts.

Le nickel a atteint un sommet de 14 mois à Londres et à Shanghai la semaine dernière, en raison cette fois de la hausse des prix de l'acier inoxydable en Chine et des préoccupations concernant l'offre de la Nouvelle-Calédonie. "Le boom de la demande de nickel pour l’acier inoxydable et une offre réduite ont contribué à l’envol des prix sur le marché de Shanghai", a indiqué le négociant Marex Spectron à l’agence Reuters et à Outre-mer 1ère. En cette fin d'année, les sidérurgistes chinois constatent l'escalade rapide des cours du nickel et la répercute sur les prix de l'inox.

Le contrat de nickel le plus actif de février sur le Shanghai Futures Exchange a grimpé de 3,4 % à 20.376,04 dollars la tonne. Les contrats à terme sur l'acier inoxydable de Shanghai ont bondi de plus de 3 %, signe de la bonne santé de l’économe chinoise.

Les concurrents asiatiques et balkaniques du Territoire ont donc profité de la forte hausse du nickel, particulièrement forte depuis novembre, pour réaliser des profits considérables, et l'argent comme chacun sait et le nerf de la guerre.

"Le LME n’a jamais été aussi haut depuis 2019, cela aurait du porter les usines calédoniennes et surtout Vale-NC qui était sur la voie d’un cash cost (coût de production ndlr) positif…Sans commentaire", a déclaré un métallurgiste calédonien, sous couvert d’anonymat, à Outre-mer 1ère. 

Le nickel et d'autres métaux de base à Londres ont également été soutenus par des investisseurs qui se sont montrés optimistes quant aux perspectives d'une nouvelle relance économique américaine et à l’accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni. Les projets métallurgiques se multiplient pour le nickel, en Indonésie, en Australie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais aussi au Canada et en Finlande. De son côté, la Nouvelle-Calédonie s'efforce de trouver une réponse qui permette à ses trois "usines-pays" de produire, d'être rentables et de préserver leurs emplois. 

mine de la SLN
Une mine de la SLN (ERAMET) en Nouvelle-Calédonie. ©Alain Jeannin