"Boukan", un nouveau journal pour casser les clichés sur les Outre-mer

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Logo Boukan : le Courrier Ultramarin
L'équipe Atelier Aymara lance "Boukan", le premier journal kiosque dédié aux Outre-mer ©CAPTURE D'ECRAN YOUTUBE - Vidéo de lancement de Boukan
L'équipe du magazine guyanais Une saison en Guyane a lancé une campagne de financement participatif pour le lancement de "Boukan - le courrier ultramarin", un journal dédié à l'ensemble des Outre-mer, pour combler un manque dans la presse hexagonale. Le premier numéro devrait être publié début 2019.
Du Boukan dans les kiosques ! Un magazine guyanais se prépare à lancer "Boukan - le courrier ultramarin", un journal dédié
à l'ensemble des Outremer, pour combler un manque dans la presse hexagonale et sortir des clichés à propos de ces territoires.
L'équipe du magazine semestriel "Une saison en Guyane", publié à Cayenne et déjà diffusé dans les kiosques de Métropole, a eu l'idée de lancer ce journal, sous la forme d'un trimestriel au format tabloïd, et a lancé une campagne de financement participatif auprès du grand public pour aider à sa création. Un an et demi plus tard, le numéro un est bientôt prêt.
 

"Les outre-mer n'existent pas dans le paysage médiatique français" explique Daniela Norena, chargée de communication de Une saison en Guyane et Boukan.

 

"Faire bouger les lignes"

Quant aux médias hexagonaux, ils font montre d'un "intérêt assez relatif pour les Outre-mer, probablement parce que l'Hexagone a l'impression de connaître déjà un peu ces territoires, à travers des images un peu figées, et on veut essayer de faire bouger les lignes et sortir de ce statu quo", a détaillé Pierre-Olivier Jay, directeur de publication.
Boukan (un nom à plusieurs sens: les flibustiers; le boucanage de la viande, pratiqué dans plusieurs territoires ultramarins; une forme de sorcellerie originaire de Nouvelle-Calédonie; et bien sûr le bruit) veut donc apporter un éclairage sur des sujets qui sortent des habituels reportages touristiques, sur les crises sociales ou encore sur les faits divers, des sujets qui, de l'avis de Daniela Norena "donnent une mauvaise image de l'outre-mer".
Boukan a d'autres ambitions pour les territoires ultramarins, mais comment ? En explorant des domaines comme les cultures, la science, l'innovation... Le journal sera constitué d'articles exclusivement rédigé pour lui-même, dans des rubriques aussi riches et variées que la culture, l'économie, le social, mais pas seulement...

"La ligne éditoriale de Boukan entend mettre en valeur les territoires ultramarins par leurs richesses naturelle et humaine. Elle sera tournée vers les sciences et la vulgarisation scientifique, notamment en matière de biodiversité car nous avons des territoires très riches." détaille Daniela Norena. "Une autre partie sera quant à elle consacrée à la propective et aux innovations."

 

Un "Courrier International" de l'Outre-mer

"Le journal comprendra une partie métamedia et reprendra les meilleurs articles de la presse d'outre-mer : Tahiti Pacifique, Les Nouvelles Calédoniennes, France Antilles... Un peu à la façon de Courrier international." poursuit-elle.
En effet, "Boukan - Le courrier ultramarin" veut aussi servir de passerelle et de réseau entre les médias ultramarins et des pays voisins. Il publiera des articles et reportages photos réalisés par son bureau à Cayenne et un réseau de correspondants en cours de constitution, et reprendra en outre des sujets parus dans la presse locale d'Outre-mer et dans des médias non francophones de pays limitrophes.

"Nous avons eu beaucoup de sollicitations de la part de journalistes, notamment à La Réunion et en Polynésie, et avons des contacts avec des personnes qui vivaient en Guyane et sont partis s'installer dans d'autres territoires ultramarins"  explique Daniela Norena qui confesse en revanche être à la recherche de nouveaux talents en photographie. 

Objectif 20.000 euros

La campagne de financement participatif vise à récolter au moins 20.000 euros d'ici le 21 décembre, une somme qui permettrait de couvrir les droits d'auteur photo, les piges, les frais d'impression et de conception du numéro 1... dont la maquette est presque achevée. En effet, l'équipe de Boukan n'en est qu'à un peu plus de 40% de l'objectif et a fait le choix de sortir le premier numéro même si la levée de fonds n'a pas atteint son objectif.
Cette dernière dit explorer des sources alternatives de financement, et devrait lancer son 1er numéro début 2019 (qui sera tiré à 20.000 exemplaires), "probablement dans le courant de la deuxième semaine de janvier".