Brésil : plus de 50 meurtres en deux jours dans un Etat sans police militaire

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Tour d'Observation dans le quartier de Jangurussu à Fortaleza, Ceara
Tour d'Observation dans le quartier de Jangurussu à Fortaleza, Ceara (Janvier 2018) ©JARBAS OLIVEIRA / ESTADAO CONTEUDO / AGÊNCIA ESTADO
L'Etat brésilien de Ceara (nord-est), où la police militaire s'est mutinée pour obtenir de meilleurs salaires, a enregistré 51 assassinats en deux jours, soit cinq fois plus que la moyenne quotidienne, a annoncé vendredi l'agence de presse officielle Brasil.
Ces homicides ont tous eu lieu entre 6h00 (9h00 GMT) mercredi et 6h00 vendredi, soit près de cinq fois plus que la moyenne de six assassinats par jour, enregistrés dans cet Etat depuis le début de l'année, selon Agencia Brasil, citant le secrétariat pour la sécurité de cet Etat.
 

Forces militaires

Le gouvernement du président Jair Bolsonaro a décidé d'envoyer vendredi des forces militaires et la Garde nationale pour renforcer la sécurité à Ceara. "C'est quelque chose de sérieux. Si nous sommes en état de guerre urbaine, alors nous devons envoyer des gens pour résoudre ce problème", a déclaré M. Bolsonaro.

Des effectifs de la police militaire ont décidé de se mutiner cette semaine après l'échec de négociations sur des hausses de salaires. Selon les médias locaux, au moins dix bataillons de cette police militaire, sur les 43 que compte l'Etat, ont été investis par des policiers armés et masqués, où des vol de voitures de police et des destruction d'installations ont également été répertoriés.


Un sénateur blessé

Mercredi, le sénateur de centre-gauche Cid Gomes a été blessé par balles après avoir tenté, aux commandes d'une pelleteuse, de briser un piquet de grève de policiers mutinés à Sobral, ville située à 230 km de Fortaleza, la capitale de cet Etat. L'état de santé de cet ancien ministre de l'Education du gouvernement de l'ex-présidente Dilma Rousseff (2011-2016) est stable, selon des sources médicales.

Plus de 300 policiers militaires font l'objet d'enquêtes ou de mesures disciplinaires pour leur participation présumée dans des actes de paralysie ou de vandalisme, selon les médias. La justice brésilienne, sur demande du procureur, avait interdit lundi à la police tout acte de paralysie.

Avec une population de quelque 8,8 millions d'habitants, l'Etat de Cerea avait été paralysé il y a un an par plus de 200 attaques de la part de factions criminelles, mécontentes du durcissement des conditions de détention dans les prisons de l'Etat.