outre-mer
territoire

À Bruxelles, une famille belgo-réunionnaise dit stop au gaspillage

europe
Famille Dennemont
Laurent Dennemont est arrivé à Bruxelles "un peu par hasard", il y a 15 ans. ©ALB
"Rien d’neuf en 2019", c'est le défi que s’est lancé une famille de la capitale belge. Pendant un an, le Réunionnais Laurent Dennemont, son épouse bruxelloise Florence et leur trois enfants ont choisi de "consommer moins et autrement". En 2019, il n'achèteront rien de neuf.

C’est une jolie maison de ville, où la vigne et le lierre grimpent aux murs et qui, depuis quelques années, abrite une famille mixte : Laurent Dennemont, Réunionnais natif du Tampon, Florence son épouse bruxelloise et leur trois enfants. Dans le quartier européen de Bruxelles où il s’est installé il y a une quinzaine d’années, Laurent se crée des petits espaces de verdure. Une façon pour le Tamponnais de retrouver "la nature de son enfance à Bruxelles"
Bruxelles
Une rue du quartier européen de Bruxelles. ©ALB

Pour protéger cette nature à laquelle il tient tant, le père de famille a accepté de relever le défi "Rien d’neuf en 2019" : pendant un an, du 1er janvier au 31 décembre 2019, les Dennemont n’achèteront rien de neuf... ou presque. "Ça concerne les produit de consommation du quotidien, explique Florence à l’initiative du challenge, à l’exception de tout ce qui est alimentaire." Quant aux produits d’entretien et aux produits d’hygiène corporel, ils entrent plutôt dans une logique "zéro déchet".
 

Donner une seconde chance aux objets

Finis donc les magazines de cuisine, les baskets neuves pour les enfants et les achats compulsifs de vêtements dans les grands centres commerciaux de la capitale belge. La famille mise désormais sur la récup’, le prêt, le recyclage et la réparation.
Dennemont
Achats de seconde main, dons à des association... Chaque mois, la famille tient un tableau des objets qui entrent et qui sortent de la maison. ©ALB

Une consommation plus réfléchie. Plus lente aussi puisque chaque nouvel achat doit passer le cap d’un questionnaire : "est-ce qu’on n’a pas déjà l’objet chez nous? (…) Il est peut-être cassé, est-ce qu’on peut éventuellement le réparer? Est-ce qu’on ne peut pas demander de prêter à quelqu’un de la famille? Est-ce qu’on en a réellement besoin?"

Une fois toutes les questions passées en revue, l’envie d’acheter est souvent passée. Et si le besoin est réel ou l’envie toujours très forte, la famille se tourne alors vers des boutiques de seconde main, des plateformes de vente de particulier à particulier et des services de location ou de prêt. "C’est tout ce rapport global à l’immédiateté, ce besoin d’avoir tout tout de suite, d’avoir tout tout court, qu’on remet en cause", explique Florence. "Et le rapport à la propriété", complète Laurent.
 

Et les enfants? 

Pour le Réunionnais, directeur d’une cantine solidaire et sensible à la préservation de l’environnement depuis de nombreuses années, l’important était de partager ce défi en famille : "avec notamment des réflexions en tant que couple, mais aussi avec les enfants parce qu’ils ont à un âge où on peut en discuter avec eux, analyse le papa de 40 ans. Et je pense que c’est important de déjà les sensibiliser, sans les contraindre, qu’ils soient partie prenante de cette démarche. On fait attention à essayer d’éviter tout ce qui est sur-emballages, d’être dans des circuits courts avec une saisonnalité des produits."
Enfants Dennemont
Lucien, qui vient de fêter son premier anniversaire, fait ses premiers pas dans des chaussures de seconde main, quasiment jamais portées. ©ALB

Si la question des chaussures des enfants a été le plus grand défi à relever pour leurs parents, Camille ne semble pas souffrir de ce changement de mode de vie. Après un peu plus de trois mois, tout semble déjà naturel chez la cadette de la fratrie. Les achats d’occasion n’ont plus de secret pour elle : "On trouve plein de truc en seconde main et du coup, c’est pas du tout compliqué."

 

Des cadeaux immatériels et un joker

Ça a aussi été l’occasion pour Camille de se découvrir un goût pour la création. "Dans le défi 'Rien d’neuf en 2019', on peut fabriquer des choses alors qu’avant je pensais pas du tout à fabriquer des choses au lieu d’en acheter." "Elle a découvert qu’elle adore la couture!", complète Laurent Dennemont. À 7 ans, Camille a déjà une jolie petite liste d’articles à son actif : "des coussins, des pochettes, des sacs, plein de trucs!"
 
Camille Dennemont
©ALB
Et les anniversaires, alors? "On a fait une liste de tout ce qu’on acceptait plus facilement comme cadeau, explique Laurent. Ce sont des cadeaux essentiellement immatériels: du temps à passer avec les personnes, des spectacles, différentes choses faites soi-même aussi." Pourtant, pour son anniversaire, Camille aura bien un cadeau tout neuf. "Je vais aller à Legoland, lundi et mardi, s'enthousiame-t-elle. Et je vais acheter des trucs en neuf, ce sera mon joker!" Pour éviter toute frustration, une fois dans l’année, chaque membre de la famille a le droit de s’acheter un produit neuf.
 

Et les billets d'avion, neuf ou pas neufs? 

Laurent et Florence savent que ce défi est possible parce qu'ils sont déjà bien installés. Lucien, le petit dernier, peut profiter des chaussures et des jouets de ses frère et sœur et de ses cousins. "On a une grande  famille, on se passe beaucoup de choses", analyse Laurent qui n'a pas non plus renoncé à revoir son île natale. 

"On a fait le choix de ne pas prendre l’avion pour des raisons de vacances ou pour un week-end, explique-t-il. La seule exception, c’est de pouvoir prendre un billet d’avion pour voir la famille" à La Réunion. Et Florence de conclure : "peut-être qu’un jour on fera le défi 'Rien d’neuf sous les tropiques', qui sait!"

En attendant, le couple partage ses conseils et ses bons plans sur un blog et une page Facebook, histoire de faire évoluer les modes de consommation du plus grand nombre et protéger un peu plus la planète.
La 1ère à Bruxelles
À quelques semaines des élections européennes, La1ere.fr a posé ses valises à Bruxelles, à la rencontre des Ultramarins qui y résident. D'abord peu nombreux, leur nombre croit au fil des ans et des initiatives se mettent en place.

Située à seulement 1h20 de Paris en train et à peine 30 minutes de Lille, la capitale belge n'a souvent été qu'une étape dans la vie des originaires des Outre-mer. Aussitôt les études terminées, ils regagnent l'Hexagone pour travailler. Mais de plus en plus d'Antillais, de Guyanais, de Réunionnais... y viennent désormais avec l'intention d'y passer quelques années de leur vie.

Beaucoup d’entre eux sont étudiants ou jeunes salariés et cherchent à renouer avec leurs racines. Dans la capitale de l’Union Européenne, ils parviennent à faire vivre une partie de leur culture. Ils côtoient les Ultramarins qui travaillent aux sein des institutions européennes, notamment la Commission et le Parlement, mais aussi au sein des lobbies qui défendent les intérêts des Outre-mer. 

Pendant toute la semaine, ce sont ces aspects que nous vous proposons de découvrir grâce à une série de reportages qui vous pouvez retrouver en cliquant ici. Et rendez-vous sur Facebook, Twitter et Instagram pour des bonus!
Publicité