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Des chercheurs fouillent la vie du mystèrieux dodo

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Un squelette de dodo vendu 400 000 euros
Un squelette de dodo vendu 400 000 euros ©DR et Digital Library for the Decorative
Reproduction, croissance, mue: des chercheurs lèvent jeudi un peu le voile sur la vie du mystérieux dodo, l'oiseau ventru au bec de pélican disparu de l'île Maurice depuis le 17e siècle.
"Le dodo est souvent décrit dans les médias comme étant un oiseau gras et stupide, mais la réalité est que nous ne connaissons quasiment rien à son sujet !", expliquent les chercheurs dans un communiqué de l'Université de Cape Town en Afrique du Sud.
 

Les ossements de 22 dodos étudiés

A partir de l'étude d'os de 22 dodos, une équipe de chercheurs internationale a pu établir que l'oiseau pondait vers le mois d'août. "L'ovulation débute en août, puis la ponte et l'éclosion des oeufs interviennent en septembre. Les poussins vont alors grandir très rapidement pour être assez fort pour supporter l'été austral qui correspond à la période des cyclones et tempêtes
à l'île Maurice", explique à l'AFP Delphine Angst de l'Université de Cape Town et auteur principale de l'étude.
Dodo
©Agnes ANGST / NATURE PUBLISHING GROUP / AFP

 

Incapable de voler

Plus gros qu'un cygne, le dodo, une espèce indigène à l'Ile Maurice, était un oiseau tout rond d'une vingtaine de kilos, incapable de voler.  Jusqu'à l'arrivée des premiers navigateurs néerlandais sur l'île à la fin du 16e siècle, il ne rencontrait aucun prédateur dans son environnement. Ignorant le danger et ne cherchant pas à fuir - ce qui lui a valu de devenir le symbole de la stupidité -, d'innombrables dodos ont été tués par les navigateurs ou dévorés par les chiens, cochons et rats apportés par ces derniers. En moins de 200 ans, l'espèce a été totalement éradiqué.
 

Reproduction du dodo

En effectuant des prélèvements sur des ossements de dodo détenus par plusieurs musées, les chercheurs ont également mis en évidence qu'ils pouvaient se reproduire dès leur premier anniversaire. Ou encore, qu'ils muaient de mars à juillet pour "renouveler leurs plumes abîmées par la reproduction et les tempêtes". Les travaux sont publiées dans Scientific Reports, un journal du groupe Nature.

 

Egalement présent à La Réunion

Le dodo était également présent à La Réunion. Le capitaine Castelon qui s'arrêta en 1613 sur l'île Bourbon (ancien nom de La Réunion) raconte que l'île était alors couverte d'oiseaux, au milieu desquels se trouvait "un grand oiseau de la taille d'un dindon, très gras, et avec des ailes si courtes qu'il ne pouvait pas voler. Nos hommes les tuaient avec des bâtons et des pierres. Dix hommes purent en prendre assez pour nourrir quarante hommes par jour". 
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