Christel Bories nouvelle patronne d’Eramet : un vrai printemps pour le nickel

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Christel Bories, Présidente-directrice générale du groupe Eramet. ©THOMAS LAISNE
La journée de mardi marquait l'arrivée à la tête du groupe minier de Christel Bories. Les investisseurs ont salué une capitaine d'industrie. Eramet gagnait près de 6 % à la bourse de Paris. Mercredi, l'action progresse encore...
Christel Bories a commencé sa carrière comme consultante avant de rejoindre l'Union Minière Belge, devenue Umicore. Agée de 53 ans, elle a passé l'essentiel de sa carrière dans l'industrie. Récemment elle était dans la pharmacie, où cette diplômée de HEC a tenu les rênes opérationnelles du laboratoire Ipsen pendant trois ans. Mais elle a surtout travaillé dans l'aluminium : une quinzaine d'années chez Pechiney puis Alcan, de la stratégie jusqu'à la direction des produits spéciaux.

La force d'un groupe

Les deux dernières années ont été très difficiles pour le seul groupe minier et métallurgique français. La chute des prix des matières premières au LME de Londres a aussi démontré la capacité de résistance hors norme d'Eramet et de ses équipes. Le rebond des prix des métaux fin 2016 et le soutien financier déterminé du gouvernement français et des actionnaires, ont permis d'améliorer la situation. 

C’est dans ce contexte, toujours difficile à cause de la volatilité des cours du nickel, que Christel Bories devient PDG et succède, ce mardi 23 mai, à Patrick Buffet. Une passation de pouvoir, sereine et bien préparée, qui est saluée par la bourse de Paris. Le cours de l’action Eramet progressait de près de 6 % mardi en soirée. Une forte hausse soutenue par la bonne tenue des cours des métaux à Londres et par l'annonce d'une vive augmentation des importations chinoises de nickel alors que les stocks mondiaux sont en net recul.

Pérenniser la SLN

7eme producteur mondial de nickel et 1er producteur de ferronickel, ERAMET est un fournisseur historique de premier rang pour la production d’inox et d’aciers spéciaux. Parmi tous ses défis, le groupe devrait poursuivre la restructuration de sa branche nickel. Dans ce contexte, la SLN, qui extrait le nickel en Nouvelle-Calédonie, a redoublé d’efforts en 2016 pour sortir renforcée de la crise. La filiale calédonienne a initié un plan de performance sans précédent. Il vise à baisser de 25 % son coût de production. Ce plan s’articule principalement autour de l’arrêt de la production de concentrés intermédiaires pour se spécialiser dans la production de ferronickel. L'alliage SLN 25 Calédonien est plébiscité par l'industrie mondiale de l'inox.
SLN 25 fer et nickel Eramet A. Jeannin
Alliage de ferronickel calédonien SLN25 [Eramet] pour l'acier inoxydable ©Alain Jeannin

Lancer Weda Bay 

L’un des projets les plus stratégiques pour Eramet, Weda Bay, est un énorme gisement de nickel en Indonésie. Il pourrait être lancé d'ici quelques années suite à un accord-cadre signé il y a trois mois avec le géant sidérurgique chinois, Tsingshan. Le projet repose sur des réserves estimées à près de 10 millions de tonnes. Les coûts de transformation métallurgiques particulièrement compétitifs permettraient à Eramet de valoriser fortement les résultats de toute la branche nickel.

Nickel de Normandie

Quoi qu’il en soit, Eramet va de l’avant. Le 19 juin prochain, le groupe inaugurera de nouvelles installations optimisées sur son site de Normandie. L’usine Eramet du Havre-Sandouville est l’une des seules au monde à produire un nickel pur à 99,99 %. Un atout stratégique pour la France et pour ses industries de pointe. L’usine de Sandouville continuera à produire du métal de haute pureté mais valorisera de nouveaux coproduits de la transformation du nickel. Son activité se trouve renforcée, tout comme la compétitivité de l'usine calédonienne est améliorée avec la production spécifique de ferronickel. 
Plaques de nickel
Plaques de nickel calédonien produites par le groupe Eramet. ©Alain Jeannin

Lire le rapport annuel 2016 du groupe Eramet

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