Comment se porte l’île de Saint-Martin ?

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Vue d'une partie de la ville de Marigot, chef-lieu de la collectivité de Saint-Martin ©Philippe Triay/La1ere.fr
La Commission des lois de l’Assemblée nationale a publié un rapport d’information exhaustif sur l’évolution de la collectivité française de Saint-Martin. Tour d’horizon. 
Ce rapport de 174 pages déposé par la Commission des lois de l’Assemblée nationale a été enregistré à la présidence de l’Assemblée le 16 juillet 2014, en conclusion des travaux d’une mission d’information organisée par les députés René Dosière (PS) et Daniel Gibbes (apparenté UMP, Saint-Martin).
 
« Le 7 décembre 2003, par 76,3 % des suffrages exprimés, les électeurs de Saint-Martin faisaient le choix d’un statut original : celui d’une collectivité d’Outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution », rappelle le document. « Alors que Saint-Martin avait été, pendant près de deux siècles, une commune de la Guadeloupe, nos compatriotes ont ainsi affirmé la volonté de pouvoir défendre des intérêts propres au sein de la République. Ils ont aussi et surtout exprimé l’espoir d’un avenir meilleur. »
 

32 propositions 

Un espoir déçu, si l’on en croit les rapporteurs, qui évoquent « un sentiment confus d’inachevé et de profonde insatisfaction », ainsi qu’un « désenchantement ». C’est qu’en dépit du nouveau cadre statutaire, l’amélioration des conditions socio-économique n’a pas vu le jour.
 
Afin de changer cette donne, la mission a rédigé une liste de 32 propositions regroupées en dix parties, dont : « renforcer la cohérence de la gouvernance et la participation de la société civile » ; « améliorer la collaboration entre l’Etat et la collectivité dans le domaine fiscal » ; « mieux lutter contre la délinquance » ; « nouer avec l’Union européenne des relations compatibles avec l’exigence d’une meilleure insertion régionale » ; et « bâtir un véritable partenariat de codéveloppement avec Sint-Maarten ».
 
Ci-dessous, voici quelques aspects du rapport concernant la situation socio-économique de la partie française de Saint-Martin. (Voir le document complet ici sur le site de l’Assemblée nationale).

Population

Dans les années 1990, la population s’est stabilisée autour de 30.000 habitants. Elle connaît depuis le début des années 2000 une nouvelle hausse, à un rythme toutefois moins rapide que celui des années quatre-vingt. En 2010, Saint-Martin comptait 36.979 habitants. L’île a un taux de natalité élevé, deux fois plus que dans l’hexagone, et est soumise à une forte pression migratoire. En 2010, un tiers de la population saint-martinoise était étrangère, dont plus de la moitié en situation irrégulière.

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Source : Insee

Chômage massif

Avec 4.178 personnes inscrites à Pôle emploi (dont 401 de moins de 25 ans et 1.242 de 50 ans et plus), le taux de chômage à Saint-Martin s’établissait en mars 2014 à 27,1 % de la population active. Le chômage est dû notamment aux difficultés du secteur touristique et à la forte augmentation de la population active, selon le rapport de la mission d’information. A noter que ces taux sont deux fois moins élevés dans la partie néerlandaise de l’île.
 
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Précarité

Au 31 décembre 2013, le nombre d’allocataires du RSA s’élevait à 3.325 allocataires (suivant les chiffres communiqués par la collectivité). Entré en vigueur au 1er janvier 2011 sur le territoire, ce dispositif ne comptait que 2.196 bénéficiaires au 30 juin 2011 et enregistre donc, sur trois exercices, une croissance très soutenue, de l’ordre de 33,95 %, de ses allocataires. Au 31 mai 2014, le nombre total de bénéficiaires du RSA s’élevait à 3.272 personnes. En 2005, le taux de bénéficiaires de la Couverture médicale universelle (CMU) était de 31 % de la population.

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Source : collectivité de Saint-Martin, direction de la cohésion sociale

Délinquance

Selon les chiffres fournis par les forces de gendarmerie de Saint-Martin, il y a eu  une hausse de 39 % de la délinquance entre 2003 et 2013. Sur cette période, le nombre de faits constatés est passé de 2.511 infractions en 2003 à 3.449 en 2013, avec une brutale accélération à compter de 2005 et un pic observé à 3.489 infractions en 2009. Le rapport souligne que « la délinquance sur l’île se caractérise par l’importance des atteintes volontaires à la personne et des atteintes aux biens ». 

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Source : Compagnie départementale de gendarmerie de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin

 

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Sources : Audition par la mission d'information des représentants des services déconcentrés de l’État chargés de l’ordre public, organisée à Saint-Martin le 13 mai 2014


Tourisme inégal

Le rapport d’information relève que l’inégalité des infrastructures aéroportuaires et portuaires entre les parties française et hollandaise (au bénéfice de Sint-Maarten) est d’autant plus lourde de conséquences que l’économie de Saint-Martin repose essentiellement sur les activités touristiques. Il en résulte par exemple que les croisiéristes passent la plus grande partie de leur temps de séjour sur l’île dans la partie hollandaise, où ils effectuent l’essentiel de leurs dépenses, alors que la partie française de l’île possède davantage d’attrait touristique.
« Sint-Maarten dispose du seul port en eau profonde, situé à Pointe-Blanche. Y transite l’essentiel des importations de l’île ainsi que la majeure partie des croisiéristes de l’île. Sint-Maarten représente ainsi 98 % du trafic maritime de l’île et son port enregistre une progression régulière (par exemple, + 5,9 % en 2012) ».

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