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Conditions de travail, effectifs, moyens... : les ultramarins de l'hôpital public tirent la sonnette d'alarme

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©Marie Boscher
Des milliers de professionnels de santé ont répondu à l'appel à manifester dans les rues de Paris contre la crise de l'hôpital public. Un secteur sujet à un grand malaise depuis plusieurs mois. Dans le cortège, de nombreux ultramarins qui crient leur colère et leur honte.
Médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers... Ils étaient des milliers dans les rues de Paris ce jeudi 14 novembre pour demander davantage de moyens pour l'hôpital public en France. "L'hôpital public s'écroule", constataient 70 directeurs médicaux de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP) dans une tribune publiée dans Le Monde. "Nous ne sommes plus en mesure d'assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins".
 
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©Jean-Michel Mazerolle
  
►Théo Loudac : "J'ai honte"
Un constat très amer, partagé par de très nombreux membres du personnel hospitalier. Entre les réductions budgétaires, les postes non pourvus ou encore le manque de lits, ils sont pour beaucoup épuisés et surchargés de travail. C'est le cas de Théo Loudac, étudiant en médecine à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (94) et originaire de la Guadeloupe : "On se retrouve à mettre les patients dans le couloir et j'ai honte", raconte-t-il. "Ce n'est pas la médecine que je veux faire."
 
 
Marie-Camille Risal travaille en psychiatrie et espère vraiment "faire connaître" la situation des hôpitaux publics. "Ça ne va pas du tout [...]. On n'arrive plus à soigner, nous gardons les malades et ce n'est pas notre métier", raconte-t-elle. "Les moyens diminuent, les soignants diminuent mais pas les directeurs", ajoute, irritée, Cynthia Elisabeth Marie-Françoise, infirmière de Martinique. 
    
► Grégory Rodride : "C'est encore plus difficile pour une personne qui vient des Outre-mer"
"On nous force à faire de nos patients des numéros", déplore Grégory Rodride, aide soignant en imagerie médicale. Lui aussi originaire des Antilles, il dit être venu à la manifestation pour "représenter les Outre-mer" : "C'est encore plus difficile pour une personne qui vient des Outre-mer parce qu'on quitte notre région et, quand on arrive, on doit tout recommencer à zéro. Et tout ce qui a été fait pour aider ces gens qui viennent de tous les horizons est en train d'être enlevé.
 

► Rolande Saint-Maximin : mobiliser les Antillais
C'est le message que veut également faire passer Rolande Saint-Maximin, employée de la mairie de Paris. Guadeloupéenne, elle souhaite profiter de la manifestation à Paris pour faire passer un message concernant le CHU de Guadeloupe, très mal en point après un incendie en 2017. Elle appelle les Antillais à "se bouger" : "Les Antillais doivent se mobiliser aussi parce que ça va très mal ! Ce matin nous avions une manifestation [pour les congés bonifiés, NDLR] et il y avait à peine 200 personnes. Mais là cet après-midi, ils sont là et ça me fait plaisir de voir beaucoup d'Antillais."
 
 
► Victor Pecome : "La santé n'est pas une marchandise"
Parmi eux, Victor Pecome, venu de la Martinique il y a plus de 30 ans pour travailler à l'AP-HP. Il ne reconnaît plus son environnement de travail et condamne la mise en place d'un "hôpital-entreprise" : "Il faut arrêter avec ça, la santé n'est pas une marchandise". Comme beaucoup de ses collègues présents ce jour, Victor demande à "travailler dans de bonnes conditions". 
 
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