"Après la crise sanitaire, il faut éviter une crise climatique", estiment les Ultramarins de la Convention citoyenne pour le climat

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Le groupe Outre-mer de la Convention citoyenne pour le climat
Le groupe Outre-mer de la Convention citoyenne pour le climat ©DR
Natacha, Guillaume, Tristan et Alexia font partie du groupe Outre-mer de la Convention citoyenne pour le climat. Cette instance créée par le gouvernement entend peser sur les décisions qui seront prises pour sortir de la crise économique causée par le coronavirus.  
 
Il y a quinze jours, la Convention citoyenne pour le climat a annoncé avoir transmis au gouvernement 50 propositions (un tiers de son programme) pour sortir de la crise provoquée par le coronavirus. Agés de 16 à 80 ans et venus de toute la France et des Outre-mer ces citoyens tirés au sort essaient de bâtir un modèle plus respectueux de l’environnement. Leur prochaine session a été reportée sine die, mais ils ne veulent pas se faire oublier.
 

Eviter la crise climatique

Pour Alexia Fundere, étudiante guadeloupéenne, "cette crise sanitaire doit nous permettre d’éviter une crise climatique". Guillaume Robert, assistant d’éducation réunionnais ajoute "une crise sanitaire, c’est terrible, mais on peut la contenir. En revanche une crise climatique, ce sera plus compliqué. Comment faire face à la montée des eaux et à l'augmentation de l’intensité des cyclones ? La survie de l’humanité est en jeu".
 
Alexia Fundere
Alexia Fundere ©DR
 

La Convention en webinaire 

Alexia et Guillaume restent très motivés par l’action de la Convention citoyenne pour le climat qui poursuit ses travaux à distance sur Zoom. Chaque semaine des webinaires réunissent les conventionnels.

Tristan Dourouguin, étudiant réunionnais confiné dans une résidence du CROUS fantomatique à Clermont-Ferrand suit, lui aussi, les sessions plénières en ligne. Etudiant en école de commerce, la Convention citoyenne lui demande beaucoup de temps. Mais ça le passionne.   
 
Tristan Dourouguin confiné à Clermont-Ferrand
Tristan Dourouguin confiné à Clermont-Ferrand ©DR

"Je trouve beaucoup de liens entre ce qui se passe à la Convention et mes études universitaires. J’ai l’impression que dans mon école de commerce, les enseignants ont compris la nécessité d’un changement de société", note-t-il.

Certes le groupe des 150 citoyens tirés au sort s’est un peu resserré car certains, en particulier les soignants, n’ont pas pu poursuivre l’aventure. "Mais ils sont toujours plus d’une centaine à participer aux travaux", précise Tristan Dourouguin.
 

Scepticisme

De son côté, Natacha Turko, étudiante guyanaise à Montpellier s’avoue "sceptique" sur le processus. "Je suis curieuse de voir la suite, mais dès le départ j’avais des doutes sur la capacité de ce gouvernement à opérer une transition écologique". Mais la jeune femme originaire de Macouria reconnaît que grâce à la Convention citoyenne, elle a beaucoup appris sur les questions d’environnement et qu’elle a fait des rencontres formidables.
 
Natacha Turko
Natacha Turko ©DR


Spécificités des Outre-mer

Natacha, Alexia, Tristan, Guillaume et Carl sont parvenus à créer un groupe Outre-mer au sein de la Convention citoyenne pour le climat qui a su se faire entendre. Grâce à leur action, ils ont pu proposer une vingtaine d’amendements aux 150 propositions de la Convention.

"Ils ont compris nos spécificités. L’insularité, le manque d’infrastructures. Tous nos amendements ont été validés", précise Alexia Fundere. "Certains concernent la justice sociale et la question de la vie chère", ajoute Guillaume Robert.
 

Acheter local

Le Réunionnais espère que la Convention citoyenne sera écoutée par le gouvernement. "Il faut trouver une autre façon de relancer l’économie. Cette crise sanitaire nous offre une opportunité pour qu’enfin l’écologie soit prise en compte dans nos méthodes de production".
 
Guillaume Robert
Guillaume Robert ©DR

Guillaume Robert note qu’avec le confinement, les Réunionnais se sont remis à acheter local et à se rendre dans les commerces situés à proximité de leur logement.

Avant la crise sanitaire, en janvier, Emmanuel Macron avait promis que des "décisions fortes" seraient prises sur la base des propositions finales de la Convention pour lutter contre le réchauffement, dont certaines pourront être soumises à référendum. Les membres de la convention entendent poursuivre leur action malgré le confinement et le temps qui s’étiole.