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COP23 : les îles Fidji voient grand à la conférence de Bonn sur le climat

Cette semaine, le Premier ministre des Fidji rappellera le monde à la dure réalité des maux subis par sa population aux pourparlers de Bonn sur le climat : le changement climatique existe, ses effets sont déjà désastreux et des mesures d'urgence sont impératives. 

Logo de la COP23 affiché à Bonn, en Allemagne. © Alban Grosdidier/Hans Lucas/AFP
© Alban Grosdidier/Hans Lucas/AFP Logo de la COP23 affiché à Bonn, en Allemagne.
  • La1ere.fr (avec AFP)
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L'Allemagne accueille ce lundi la 23e conférence de l'ONU sur le climat (COP23) et Frank Bainimarama présidera les discussions. Le chef du gouvernement du petit archipel est bien placé pour expliquer combien les Etats insulaires du Pacifique sont en première ligne du réchauffement climatique mondial.

En prévision de son rôle de président de la COP23, M. Bainimarama a parcouru la planète ces derniers mois pour la sensibiliser aux problèmes des habitants de ces micro-nations. "La montée des eaux, les événements météorologiques extrêmes ou les changements dans l'agriculture (...) menacent notre mode de vie, et dans certains cas, notre existence même", dit-il. "Nous sommes les plus vulnérables et en tant que tels, nous devons être entendus".

Montée des eaux 

Les scientifiques préviennent que certaines nations insulaires de basse altitude risquent d'être complètement englouties par la mer. Les sécheresses et les inondations sont désormais fréquentes à travers la région, qui passe d'un extrême météorologique à l'autre. Les terres agricoles et les sources d'eau potable ont été contaminées par l'eau de mer. Dans les îles Marshall, des cimetières ont même été perdus, noyés par la montée des eaux.

M. Bainimarama rappelle que son pays, où vivent environ un million de personnes, a été dévasté en février 2016 par le cyclone Winston, la plus puissante tempête à jamais toucher terre dans le Pacifique Sud avec des rafales soufflant à 325 km/h. La catastrophe avait fait 44 morts, rasé 40.000 habitations et anéanti un tiers de l'économie de l'archipel. Jadis, ce type de super-cyclone ne survenait qu'une fois tous les dix ans. Mais un an seulement avant Winston, le cyclone Pam avait fait 11 morts au Vanuatu voisin.

Les Fidji vivent aujourd'hui dans la crainte que de telles tempêtes "sorties de nulle part" n'éclatent "tout le temps", dit M. Bainimarama. "Nous affrontons une situation dans laquelle un seul événement qui frapperait directement les Fidji serait susceptible d'annihiler des années de développement et nous faire repartir des dizaines d'années en arrière".

Réalité du réchauffement 

L'expérience des Fidji et d'autres pays à travers le monde prouve à ses yeux la réalité du réchauffement climatique. "Ce n'est pas une invention, c'est effroyablement réel", dit-il aux journalistes. "Les preuves sont mondiales, qu'il s'agisse de la fin de la banquise arctique d'ici 40 ans, la perte de villes comme Miami d'ici 50 ans ou dans le Pacifique, la perte de trois pays tout entiers dans un laps de temps similaire, Kiribatu, Tuvalu et les Iles Marshall".

A Bonn, sa priorité numéro un sera de "forger une grande coalition formée par les gouvernements, la société civile et le secteur privé" pour mettre en oeuvre l'accord conclu à Paris en 2015 sur le changement climatique. Plus de 190 pays s'étaient alors engagés à maintenir le réchauffement en-dessous de 2°C. Et ce alors qu'Erik Solheim, directeur du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), vient de prévenir que l'écart entre les promesses nationales de limitation des émissions de gaz à effet de serre et les mesures qu'il faudrait prendre pour atteindre effectivement cet objectif était "catastrophique".

Persuader les gros pollueurs 

"Un an après l'entrée en vigueur de l'accord climat de Paris, nous sommes loin de faire ce qu'il faudrait pour préserver des centaines de millions de personnes d'une vie de misère", a-t-il lancé. Les îles Fidji et d'autres Etats insulaires espère persuader les gros pollueurs d'aller plus loin et de limiter à 1,5°C le réchauffement par rapport aux niveaux pré-industriel.

Pour M. Bainimarama, c'est le plus grand défi que l'humanité ait jamais eu à affronter. Les hommes auront besoin de se mobiliser et de s'engager comme pour aller à la guerre, juge-t-il. Il fait aussi preuve d'optimisme et parie que les Etats-Unis ne se retireront pas de l'accord de Paris comme l'a promis le président Donald Trump. Les faits sont trop têtus, dit-il. "La question est réglée et les conséquences sont évidentes, l'humanité ignore ces faits à ses risques et périls".

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