Coronavirus et confinement : témoignages d’enfants dans l'Hexagone

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Confinement : paroles d'enfants
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Dans l'Hexagone, depuis lundi 16 mars tous les établissements scolaires sont fermés, jusqu’à nouvel ordre. Les enfants sont priés de rester à la maison pour faire leurs devoirs. Comment vivent-ils cette situation ? Paroles d’enfants.
 
L’annonce de la fermeture des crèches, établissements scolaires, et universités a été faite à la télé lors d’une allocution du président de la République, le jeudi 12 mars. Une déclaration suivie par des millions de téléspectateurs. Parmi eux des enfants, qui à l’annonce de la fermeture des écoles, étaient ravis. Mais cette fermeture n'a rien à voir avec des vacances scolaires. Les enfants reçoivent régulièrement des devoirs de la part de leurs enseignants.
 

Tiyah, 6 ans en grande section de maternelle

Confinement Tyiah

Depuis lundi, la classe de Tiyah a totalement changé. Elle n’est plus assise à côté d’une autre élève, et n’échange plus avec sa  maîtresse. Ne plus parler avec son institutrice est ce qui la dérange le plus.

Je préfère être à l’école, car on apprend des trucs et on compte.


Tiyah doit alors composer avec son papa. Un chef d’entreprise guadeloupéen qui n’applique pas les mêmes méthodes que sa maîtresse. Une autre approche que Tiyah accepte malgré tout. Elle profite de son confinement pour jouer dans sa chambre avec son frère, dessiner, et passer plus de temps avec ses parents. "On n’a pas le droit de sortir, à cause du coronavirus" explique-t-elle. La seule sortie encore possible pour elle c'est dans le jardin de la propriété familiale : "il y a même un trampoline" précise-t-elle !
 

Maël 10 ans, CM1

Confinement : Maël
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Plus d’école, et plus de contraintes horaires. Maël est ravi de pouvoir rester à la maison. Mais il sait que ce ne sont pas des vacances. "Je déjeune et je fais mes devoirs. Des maths, du français, de la géographie, plusieurs matières". Maël, contrairement à sa sœur Tiyah, est content de ne pas travailler avec sa maîtresse.

Faire ses devoirs à la maison c’est plus facile. Pour les devoirs de géographie par exemple, je vais regarder la carte sur internet, ce que je ne peux pas faire à l’école.


Maël travaille le matin et parfois l’après-midi. Mais il préfère avoir d’autres occupations après le déjeuner . "Soit je joue, soit je regarde des trucs sur ma tablette, je parle avec mes copains sur la play (une console de jeu, NDLR)". Il a presque toute sa classe en ami sur sa console de jeu. Un mal pour un bien car ne plus avoir de contact physique avec ses amis lui manque. Rester à la maison plus de deux semaines sera beaucoup trop long à son goût :"On va commencer à s’ennuyer" dit-il.
 

Elia, 11 ans 6ème

Elia
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C’est une période de confinement où la liberté peut être de mise, du moins en ce qui concerne le travail.
 

A l’école on a davantage de règles. On a une heure pour travailler quelque chose, après on ne peut plus changer. Tandis qu'à la maison on peut !


Mais la situation trouve vite ses limites. En passant par « pronote » le logiciel de vie scolaire, les explications nécessaires des professeurs n’existent pas. "Là il faut être très très concentré pour ne pas se tromper !  Cela nous prend beaucoup plus de temps".

Pour bien comprendre les exercices demandés, elle n’hésite pas à solliciter sa mère ou son père qui sont en télétravail. Fort heureusement, la jeune adolescente peut se dégourdir les jambes, avec ses parents, devant la maison : "on n’a pas le droit de sortir très loin". Pour s’évader, comme beaucoup de jeunes de son âge, Elia va sur les réseaux sociaux et discute avec ses copines, via son smartphone. Ces jours de confinement lui permettent aussi de mieux maitriser les outils informatiques.
 

Julien 12 ans, 5ème

Julien
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A l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, une joie immense a illuminé le visage de Julien. Mais au 4ème jour de confinement, l’euphorie a totalement disparu. Le temps d’écran autorisé sur son smartphone et sa tablette, est limité, la télé autorisée seulement en fin de journée, les horaires du réveil et du coucher sont restés les mêmes. Quant aux devoirs, ils se sont multipliés. "On nous donne beaucoup trop de devoirs ! Au collège on pouvait dormir pendant le cours, ou parler, rester dans notre imagination, alors que là on est obligé de travailler. Quand tu as une maman comme moi qui vérifie tes devoirs, tu es obligé de bien travailler" se désole Julien.

Il s’adonne tout de même à sa passion, le dessin, et converse par texto avec ses copains. Des copains qu’il ne reverra pas tout de suite, selon lui.

A mon avis, on va rester confiné jusqu’à fin avril au moins. J’aurais préféré passer ce moment chez mes grands-parents en Martinique. Au moins là-bas, il y a la mer.


Olivia, 9 ans et demi, CM1, Paris

Olivier confinée
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Au premier jour du confinement pour les élèves, Olivia se retrouvait chez le médecin. Elle avait de la fièvre, son nez coulait. Le médecin a recommandé à sa mère de la garder à la maison, sans qu'il puisse dire s'il s'agissait du coronavirus ou pas. Mais quand on demande à Olivia en quoi consiste le confinement, elle voit très bien ce dont il s'agit.

Pour moi, c'est un peu l'école et les vacances en même temps. Parce que même si il y a des cours avec maman, on est pas obligés de se coucher et de se lever tôt. Et les récrés sont plus grandes.


Chaque soir, sa maman reçoit les devoirs à faire le lendemain. Olivia est très à l'aise en français, ce sont les maths qui lui donnent du fil à retordre. Elle apprécie beaucoup son maitre, « mais avec maman, je comprends bien. Elle prend son temps. Et me répète quand c'est nécessaire ». Impossible dans sa classe, ils sont 23 élèves. « Le maitre, il peut reprendre une fois, deux fois, mais pas trois, quatre » explique Olivia.

Depuis une semaine, plus de sport. Sa maman tolère juste le saut à la corde, tant que sa fille fait attention à ne pas toucher la lumière du plafonnier. Est-ce suffisant ? « Je soulève aussi des poids. Mais, à force de ne pas sortir, je vais commencer à péter les plombs » rigole Olivia. Heureusement, elle peut joindre ses amies sur le téléphone de sa maman ou leur envoyer des textos.

A la maison, Olivia a l'impression de travailler beaucoup plus qu'à l'école. Mais il y a une chose dont elle est sûre, c'est que chez maman, c'est meilleur qu'à la cantine. « A l'école, on a souvent du surgelé pas chauffé, ou au contraire trop chauffé et c'est mou. Maman, elle, elle me prépare des légumes à la vapeur ». Pour cette petite fille, le confinement n'est qu'une demie contrainte.