[Témoignage] Coronavirus : "les applaudissements ne suffiront pas !", Raphaëlle Jean-Louis, infirmière, d'origine martiniquaise, à Chartres

coronavirus
Raphaëlle Jean-Louis
©RJL
Depuis la parution de son livre "Diplôme délivré(e)", Raphaëlle Jean-Louis, d'origine martiniquaise, est devenue une des "porte-paroles" des professions paramédicales. Touchée par les applaudissements, elle affirme aussi, sans nuance, que "ça ne suffira pas !".  
Des milliers de morts dans les hôpitaux et les Ehpad, des personnels soignants insuffisants et sous-pression, le manque de lits en réanimation, de masques, de tenues... La liste est longue des revendications des soignants pour faire face à cette crise sanitaire sans précédent.

 
Raphaëlle Jean-Louis
©Michalon
Après la parution de son livre "Diplôme délivré(e)" aux éditions Michalon, Raphaëlle Jean-Louis est devenue une "voix" pour les personnels soignants.

Cette infirmière, d'origine martiniquaise par son père, reçoit de nombreux messages d'infirmières ou d'aides soignantes qui chaque jour sont en première ligne au chevet des patients atteints du Covid-19. 
 
Regardez le témoignage de Raphaëlle Jean-Louis : 
 

Des soignants sont épuisés, choqués par le nombre de décès ou encore angoissés à l'idée d'exposer leur famille. D'autres n'y arrivent plus et se mettent en arrêt maladie. Mais la plupart de ces personnels s'accrochent, ils restent solidaires et motivés malgré les difficultés quotidiennes.
Raphaëlle-Jean-Louis, infirmière. 

 
Ces témoignages traduisent l'engagement de ces soignants passionnés qui, s'ils sont sensibles aux applaudissements des balcons le soir à 20 heures, espèrent aussi une prise de conscience collective de leur situation. "C'est une belle reconnaissance, une belle humanité qui nous touche, mais elle est néanmonis tardive", estime Raphaëlle Jean-Louis. 
 

Comment oublier qu'il y a un an nous étions dans la rue pour alerter sur nos conditions de travail ,notre manque de moyens et que loin d'être applaudis nous recevions, en retour, des gaz lacrymogènes et des coups de matraque. 
Raphaëlle-Jean-Louis, infirmière.


Une voix

Raphaëlle Jean-Louis est une jeune femme de caractère. Sa profession, elle l'aime profondément et elle veut la défendre. C'est d'ailleurs devenu son combat.
 

Lorsque nous aurons surmonté cette crise sanitaire, il faudra se souvenir de l'engagement du personnel soignant pour combattre ce virus. Notre statut devra évoluer. Nous ne nous contenterons pas d'une prime pour bons et loyaux services. 


Cette vocation, à défendre cette profession, remonte à sa plus tendre enfance. Issue d'une famille de 5 enfants, Raphaëlle accompagnait souvent sa maman, infirmière et seule pour élever ses enfants, à l'hôpital les jours fériés et lorsqu'il n'y avait pas classe.

Plus tard, rien de plus normal pour elle de se mettre dans les pas de sa maman pour devenir, elle aussi, infirmière et, malgré des conditions de travail qui se dégradent chaque jour davantage, la jeune femme a gardé intacte sa passion pour cette profession.
 

Pourtant, ses débuts professionnels sont difficiles. Lors d'un stage dans le cadre de ces études, Raphaëlle devient le souffre-douleur d'une équipe d'infirmières et d'aides soignantes. Elle subit pendant plusieurs mois humiliations et brimades. Une expérience douloureuse qu'elle a décidé de raconter dans un livre. 

La défense des soignants jusqu'à l'Elysée

Raphaëlle Jean-Louis
Après son livre témoignage, Raphaëlle Jean-Louis est reçue à l'Elysée par la conseillère Santé d'Emmanuel Macron. ©RJL
Il y a un an, dans un entretien à l'Echo Républicain, Raphaëlle Jean-Louis alertait sur les difficultés de sa profession: "Parfois, j’ai constaté l’unique présence de deux, voire un seul aide-soignant pour gérer tous les malades. C’est une honte. Je comprends pourquoi certains “pètent un câble”, pourquoi l’on assiste à des burn-out ou des abandons de vocation", affirme-t-elle. 

La jeune infirmière est invitée sur les plateaux de télévision et son témoignage ne laisse pas insensible le président de la République qui demande à sa conseillère directe, Marie Fontanel, de la recevoir le 15 novembre 2018. 
  

Des projets 

Raphaëlle Jean-Louis déborde d'idées et de projets. Tous sont liés à sa profession d'infirmière. Elle termine actuellement l'écriture d'un deuxième livre et, après avoir réalisé deux courts-métrages, dont un sélectionné au Festival de Cannes, cette passionnée de cinéma s'est lancée, il y a plusieurs mois, dans un projet de long métrage. 

Raphaëlle veut mettre en lumière ces professionnels de la santé. Loin de vouloir dresser un tableau sombre, la jeune femme promet une histoire humaine et sincère, jalonnée de moments très joyeux, de rencontres et d'espoir.