Coronavirus : quel avenir pour les compagnies aériennes Outre-mer?

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Orly
©XINHUA / Xinhua via AFP
La crise sanitaire du coronavirus a entraîné une baisse du trafic aérien de 55%. Les compagnies aériennes subissent de fortes pertes et les plus fragiles sont dans des situations préoccupantes. Explications. 
Le Covid-19 est en train de chambouler l’aviation mondiale. Faillites, mariages, recapitalisations et plan sociaux affectent le secteur du transport aérien qui a été l’un des plus touchés par la crise du coronavirus dans le monde. L’Association internationale du transport aérien (IATA) estime à 55% la baisse du trafic pour 2020. 
 

"Survivre"

Survivre, c’est le maître mot de la plupart des compagnies aériennes qui desservent les outre-mer.  Beaucoup sont au bord de l’asphyxie financière, victimes directes de la crise du coronavirus. Depuis mars dernier, elles perdent énormément d’argent suite à la fermeture du ciel pendant le confinement puis d’une reprise que très partielle des liaisons aériennes en raison des mesures sanitaires drastiques et enfin de la crise économique qui ne favorise pas la reprise du tourisme. Regardez ce reportage d'Outre-mer la 1ère :
©la1ere
 

Quelle situation pour les compagnies ?

Air France, la compagnie nationale, a bénéficié d’un coup de main de l’Etat, fin avril dernier. Un prêt de 7 milliards d’euros pour assurer ses missions historiques, notamment celles de maintenir le lien aérien avec les outre-mer durant le confinement.
En revanche, les autres compagnies qui desservent les territoires ultramarins - plus petites – n’ont pas bénéficié du même soutien de l’Etat.

Air austral, la compagnie Réunionnaise, s’en sort relativement bien pour l’instant. La région et le département étant actionnaires à hauteur de 85 % ont mis la main au porte-monnaie pour soutenir leur compagnie....
Situation analogue pour les autres compagnies aériennes ultramarines comme Air Saint-Pierre, Air Câlin et Air Tahiti Nui qui bénéficient elles aussi de l’appui financier de leur territoire et ce afin d’assurer la continuité territoriale et plus encore…

La situation demeure plus complexe pour les compagnies aériennes privées. Après la disparition de XL Airways avant le covid puis de Level et Norwegian en raison de la crise sanitaire, Corsair, Air Caraïbes et French Bee doivent se débrouiller seules pour survivre.

Le groupe Dubreuil Aéro qui possède Air Caraïbes et French Bee – a pu obtenir un prêt garanti par l’Etat. Il vient également de bénéficier d’une entrée de CMA-CGM dans son capital à hauteur de 30 %. Le groupe maritime basé à Marseille lui a apporté 50 millions d’euros d’argent frais.

En revanche, l’affaire se complique sérieusement pour Corsair, la compagnie privée emblématique de la desserte des Outre-mer, celle qui a été la première à casser le monopole d’Air France. L’Etat lui a refusé un prêt car elle est jugée moins solide financièrement que les autres. Des rumeurs font état d’un côté d’une reprise par des entrepreneurs antillais avec l’appui de la région Guadeloupe. D’autres affirment au contraire que la compagnie pourrait être reprise par Air caraïbes et French Bee…

Derrière le sauvetage de Corsair comme de toutes les compagnies qui desservent les outre-mer, c’est le pouvoir d’achat des ultramarins et le désenclavement des territoires qui sont en jeu si des opérateurs disparaissent. Les populations d’outre-mer ont donc tout intérêt à voir survivre le maximum de compagnies aériennes si elles ne veulent pas subir davantage encore les effets néfastes de la crise sanitaire du coronavirus.