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Coronavirus : témoignages de restaurateurs ultramarins pris de court par la fermeture obligatoire

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Coronavirus : fermeture de restaurants
Coronavirus : fermeture de restaurants (photo d'illustration) ©MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS
Depuis samedi minuit, restaurants et bars doivent rester fermés jusqu’au 15 avril. Une mesure prise pour contrer la propagation du Covid-19 sur le territoire français. Les restaurateurs ultramarins de l'Hexagone témoignent.
 
La France est maintenant au stade 3 de l’épidémie de coronavirus. Ce qui veut dire que le virus circule maintenant dans tout le territoire. Pour limiter sa propagation un arrêté a été publié au journal officiel dimanche 15 mars. Il concerne notamment l’activité des restaurateurs. Comment prennent-ils cette mesure ? Comment s’organisent-ils depuis ? Témoignages de quelques restaurateurs.
 

Surpris

Dans  un petit village de l’Aveyron, le Martrin, Dominique Supot cherchent des occupations. « On ira se promener, on fera du jardin ou encore de la peinture…. » Cet homme tient avec sa femme Polynésienne un petit restaurant spécialisé dans la cuisine française et Tahitienne, "la belle époque". L’annonce de fermeture des lieux recevant du public samedi soir a pris le couple de court.

On l’a très mal vécu ! Cela a été trop soudain à mon goût. Il aurait dû nous donner 24 ou 48H.
Dominique Supot, restaurateur 


Dans cette petite structure, la clientèle est plutôt touristique. "En semaine on a plutôt des gens de passages, des commerciaux… on ne fait que 10 couverts. Le week-end c’est 20 couverts". Même si le couple prend cette nouvelle mesure avec philosophie, il espère que ce confinement ne durera pas longtemps. "15 jours cela va, après ce sera compliqué. On a un loyer à payer, des charges. En attendant on va finir ce que l’on a !".
 

Traiteur

Moea Moretta, elle pensait pouvoir travailler durant cette période de confinement. Avec son mari, elle tient un traiteur dans la région Marseillaise à Gignac-la-Nerthe et propose une cuisine entièrement Polynésienne. "Rien que pour faire les courses, c’est compliqué. Il y a une queue immense sur le parking. Si c’est comme ça tous les jours, on va être obligé de fermer. En général on fait les courses tous les jours" se désole cette auto-entrepreneure.

Les commandes pour cette journée ne sont pas non plus énormes. "On en a que deux pour l’instant alors que d’habitude c’est entre 15 et 20 par jour". Contrainte de rester à la maison pour s’occuper de ses deux enfants, dont un est handicapé, c’est son mari qui s’occupe de l’approvisionnement et des livraisons.

La distribution de repas se fait avec certaines précautions " On a des gants, du gel hydroalcoolique, mais pas de masques". Parmi sa clientèle, des salariés de bureaux et des personnes âgées.
 

Ce qui me fait le plus de peine, c’est que je ne serai plus là pour les personnes âgées. Comme on fait les courses tous les jours on auraient pu leur prendre des choses. Chez nous (en Polynésie, ndlr) les personnes âgées sont importantes"
Moea Moretta, traiteur


Moea Moretta ne s'est jusqu’à présent pas préoccupée de l’aspect financier. "Je n’ai pas d’information sur les aides dont on pourrait bénéficier. Il vrai aussi que jusqu’à présent je n’ai pas cherché à savoir ce qui était mis en place".

Finalement le coeur serré, elle décide de suspendre son activité.


Paris : les restaurants à l'arrêt également

A Paris, les restaurants sont fermés également. Reportage d'Outre-mer la 1ère :
©la1ere