Crise en Guadeloupe : une "solution de substitution" pour les soignants hostiles à l'ARN messager, annonce le ministre des Outre-mer

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Sébastien Lecornu répondait, mardi, au député LREM Guillaume Vuilletet lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Outre le sujet de la vaccination, il a déploré les "tirs à balles réelles" essuyés par les forces de l'ordre depuis le début des violences il y a cinq jours.

 

Sébastien Lecornu est revenu sur la mise en place d'une instance de dialogue avec les personnels soignants de Guadeloupe qui ne sont pas encore vaccinés, martelant que "la loi de la République s'applique" en "Guadeloupe comme partout sur le territoire national". 1400 soignants ont été suspendus "car précisément ils ne sont pas vaccinés". Dans le cadre de l'instance de dialogue lancée par Jean Castex lundi soir, le ministre affirme que des solutions de substitution seront proposées aux soignants réticents. 

Ainsi, le ministre de la Santé "Olivier Véran proposera dans les heures qui viennent une méthode qui permettra de proposer notamment à des soignants qui par exemple seraient non pas hostiles à la vaccination, mais hostiles à l'ARN messager d'avoir par exemple une solution de substitution."

 

Tirs à balles réelles sur la police

 

Le ministre des Outre-mer a également déploré les violences à l'encontre des forces de l'ordre depuis plusieurs jours. "La nuit, ce sont malheureusement des forces de l'ordre qui sont victimes de tirs à balles réelles et cela nous ne pouvons pas l'accepter, nous devons le condamner avec force car la violence n'a pas sa place sur le territoire de la République en Guadeloupe comme ailleurs." 200 policiers et gendarmes ainsi que 50 membres du GIGN et du Raid ont été dépêchés sur place. 

Pour ramener le calme dans le département antillais, il rappelle que le dialogue ne se limite pas à la question sanitaire mais s'étend à des dossiers comme le chlordécone, l'accès à l'eau potable et la relance économique. Des sujets sur lequel la majorité parlementaire et le gouvernement ont accompli "un effort sans précédent depuis 2017", se félicite le ministre avant d'avertir : "un tel retard est à rattraper qu'il faudra continuer de le faire dans les années qui viennent."  

 

 

 

 

 

 

"Maltraitance sociale"

 

Visiblement loin d'être convaincue par le bilan dressé par le ministre des Outre-mer, Mathilde Panot allonge, quelques minutes plus tard, la liste des problématiques sociales et économiques qu'il a évoquées. "Le taux de chômage s'élève à 17%, 60% des moins de 30 n'ont pas d'emploi, un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pourtant, les prix de l'alimentaire sont supérieurs de plus de 32% à ceux de France hexagonale." La députée LFI évoque une "maltraitance sociale" à laquelle l'Etat a répondu par "le GIGN et le Raid" : "on ne lutte pas contre une épidémie en réprimant le peuple."

La présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale regrette que le gouvernement n'ait pas entendu les alertes des Guadeloupéens. Elle regrette un manque d'investissements "dans l'hôpital public, dans les canalisations en ruine, dans la dépollution des terres", ainsi que l'absence de déclenchement en urgence du plan ORSEC "eau potable", de blocage des prix sur les produits de premières nécessités. Jean-Michel Blanquer - qui s'exprimait au nom du Premier ministre positif au Covid-19 et absent de l'hémicycle - a rappelé à la députée deux investissements réalisés par l'État sous le mandat d'Emmanuel Macron dans l'hôpital et le système de distribution d'eau potable.