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Crise à Mayotte : Moroni refuse "la stigmatisation des Comoriens"

Le gouvernement comorien a dénoncé mercredi la "stigmatisation des Comoriens" dans le mouvement social qui secoue l'île française de Mayotte, dans l'archipel des Comores.

© Google Maps
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  • La1ere.fr avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
"Nous refusons la stigmatisation qui veut que tout ce qui se passe à Mayotte soit le fait des Comoriens des autres îles" de l'archipel, a déclaré à l'AFP le ministre comorien de l'Intérieur Mohamed Daoudou. Mayotte est secoué depuis quatre semaines par un mouvement social contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance de l'Etat voisin et pauvre des Comores, à moins de 70 km.

Mohamed Daoudou s'est dit "très préoccupé" par la crise à Mayotte, qui "paralyse le fonctionnement normal de l'île". Mais "les Comoriens qui vont à Mayotte ne sont pas des coupeurs de route ou des violeurs. Ils y vont pour du travail ou pour des soins", a-t-il ajouté. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est 13 fois plus élevé à Mayotte qu'aux Comores.
               

"Ils sont chez eux"

"De toutes les façons, ces Comoriens sont en situation régulière, ils sont chez eux", a encore dit le ministre, rappelant la position de Moroni qui revendique depuis des décennies Mayotte. Au cours d'un référendum organisé en 1974 par Paris dans les quatre îles des Comores, la majorité des électeurs avait voté en faveur de l'indépendance. Mais à Mayotte même, les électeurs avaient choisi de rester Français, contrairement aux trois autres îles. Paris avait alors décidé de  garder Mayotte dans le giron de la France, une décision condamnée par les Nations unies. Depuis, la question de Mayotte empoisonne les relations entre Paris et Moroni.

Démantèlement d'un réseau

Mohamed Daoudou a par ailleurs annoncé le démantèlement récent d'un réseau de passeurs, avec des ramifications au Canada, en Afrique de l'Est et Mayotte. "Depuis, le nombre de traversées a diminué grâce à nos opérations terrestres, nous allons renforcer ces mesures mais nous n'avons pas les moyens d'un contrôle en mer", a-t-il affirmé.
               
Le ministre s'est dit "disponible pour collaborer avec les autorités françaises pour trouver une solution (...) Pour nous, renforcer la sécurité maritime consiste à sauver des vies".
               
Les traversées de migrants clandestins entre l'Union des Comores et Mayotte ont causé "entre 7.000 et 10.000 morts depuis 1995", selon un rapport du Sénat français datant de 2012.
               

"Les expulsions ne sont pas la solution"

Interrogé sur l'éventualité d'une expulsion massive de Comoriens depuis Mayotte, Mohamed Daoudou a estimé que "les expulsions ne sont pas la solution". "La solution est de veiller à la sécurité de ceux qui vivent à Mayotte. Ce qui nous intéresse,
c'est la stabilité des îles et de la région en général". Mardi, le gouvernement français s'est engagé à prendre des mesures d'urgence - notamment pour lutter contre les attestations d'hébergement et mettre en place des navires supplémentaires contre l'immigration clandestine - afin de mettre un terme au mouvement social à Mayotte.

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