Cyclisme : Grégory Baugé perd mais renaît

cyclisme
Grégory Baugé
Grégoy Baugé en 2016 aux Jeux Olympiques de Rio. ©Eric FEFERBERG / AFP
Une défaite en trompe-l'oeil ! Grégory Baugé, éliminé dès les huitièmes de finale de la vitesse à Saint-Quentin-en-Yvelines, trouve d'excellentes raisons d'être optimiste après cette manche de Coupe du monde sur piste, qui signe son retour au premier plan à deux ans des JO de Tokyo. 
"Je suis satisfait", sourit le "Tigre", qui a vite évacué la déception de son match perdu d'un rien face au Néo-Zélandais Sam Webster. Sans performance notable depuis deux ans, il a signé des performances chronométriques tant en vitesse par équipes qu'en individuel, significatives de son retour au plus haut niveau. 

Dimanche, le plus titré des pistards français (cinq titres mondiaux par équipes, quatre en individuel) a réalisé son meilleur "chrono" sur 200 mètres, en 9 sec 65, le sixième temps des compétitions. Preuve qu'à bientôt 34 ans, il reste compétitif dans une discipline en pleine progression. 

A Saint-Quentin-en-Yvelines, neuf sprinteurs sont passés sous les 9 sec 70 alors que la saison hivernale commence à peine. Cette concurrence le stimule. "Les jeunes vont fort", dit Greg Baugé comme amusé. A l'exemple du Néerlandais Harrie Lavreysen (21 ans), crédité du meilleur temps de cette manche de la Coupe du monde, ou encore de Sébastien Vigier (21 ans lui aussi), le champion d'Europe 2017 qui le concurrence à l'entraînement. 
 

Régénéré par les pauses post-olympiques


"C'est bien !", approuve l'aîné qui évoque plus souvent la vitesse par équipes que l'épreuve individuelle même s'il rêve toujours de décrocher l'or olympique qui manque à son palmarès. Régénéré par les deux pauses dans sa carrière qui ont suivi les JO de Londres puis de Rio, où il a remporté au total trois médailles d'argent et une de bronze, l'Antillais pense à Tokyo. Mais, avant, il regarde vers les prochains Mondiaux, prévus du 27 février au 3 mars à Pruszkow, près de Varsovie. C'est sur ce vélodrome qu'il a enlevé son premier titre individuel en 2009, prélude à une domination complète durant une olympiade. 

"Je veux toujours être champion olympique", dit-il. "Mais ça passe par là, par les Mondiaux. On a besoin de garanties". 
 

Couac en trio


Vendredi, avec le trio français, Grégory Baugé s'était incliné dans l'épreuve de vitesse par équipes face aux Pays-Bas. "Je suis amer", a regretté le démarreur, qui n'a pas entendu le coup de pistolet signifiant un faux-départ de l'équipe rivale. Le Français n'a coupé son effort qu'après un demi-tour de piste à l'inverse de son homologue néerlandais. "En cinq minutes, on ne peut pas récupérer", a relevé Clara Sanchez, l'un des deux entraîneurs de l'équipe de France. "Surtout contre une très forte équipe des Pays-Bas".

Auparavant, Baugé et ses deux coéquipiers, Sébastien Vigier et Michael d'Almeida, avaient fait mieux que le chrono qui avait permis à l'équipe de France de remporter l'or aux Mondiaux 2015 sur la même piste du vélodrome nationale. Dans le temps de 43 sec 108, ils ont même approché de 11 centièmes de seconde le record de France qui date des JO de Londres 2012 (42 sec 991).
 

"Relation humaine"


Après la manche française de la Coupe du monde, il doit prendre part la semaine prochaine à celle de Milton, au Canada. "Il y en aura une troisième en fin de saison mais l'encadrement n'a pas encore décidé", dit-il sans rien réclamer. 

A entendre les uns et les autres, les rapports sont normalisés entre athlètes et entraîneurs. "On est plus dans la relation humaine", dit-il à propos des nouveaux responsables du sprint, Clara Sanchez, qu'il a côtoyée de longues années en équipe de France, et Hermann Terryn. Loin des turbulences de l'olympiade précédente qui avaient abouti au fiasco de Rio (une seule médaille de bronze pour la vitesse par équipes).
 
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