De Blois à Nouméa, un tour du monde à vélo pour inclure les personnes atteintes de trisomie 21

Davy et Emilie s’apprêtent à enfourcher leurs vélos pour un périple militant de 14 000 km. Ils partiront dimanche 13 juin de Blois, dans le Loir-et-Cher. Arrivée prévue à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en janvier… 2023.

14 000 kilomètres à vélo, 18 mois de voyage. C’est le projet un peu fou de Davy Sanchis et de sa compagne, Emilie. Ces deux sportifs se sont lancés un défi : relier Blois, dans le Loir-et-Cher, à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, pour sensibiliser à l’inclusion par le sport des personnes atteintes de trisomie 21. Leurs métiers, leurs meubles et même leur maison, les deux quarantenaires ont tout lâché pour réaliser leur projet. 

"On faisait beaucoup de sport, notamment de la course à pied, et on trouvait que le handicap mental dans le sport était très peu représenté, contrairement au handicap physique, explique Emilie. On a vu que c’était un autre monde, dont très peu de gens parlaient, et on a eu envie de mettre en valeur les sportifs qui ont un handicap mental." Il existe une fédération dédiée, la Fédération française du sport adapté, et les championnats d’Europe se déroulent actuellement en Pologne.

Ça fait un peu peur, on se jette dans le vide, on a tout vendu, on n’a plus de travail… Mais on se sent libérés, excités par le départ. 

Emilie


Le projet, nommé Bikeup & Down en référence au nom de la trisomie 21 en anglais, "down syndrome", a germé dans leurs esprits il y a plus de deux ans. La trisomie 21 est une anomalie chromosomique qui provoque une déficience intellectuelle. La sévérité du syndrome est variable. Environ 50 000 personnes sont atteintes de trisomie 21 en France.

Au cours de leur voyage vers la Nouvelle-Calédonie, Davy et Emilie vont rencontrer des associations et des scolaires pour les sensibiliser. "Ça permet aux écoles, aux lycées, de faire des projets pédagogiques autour de notre projet pour parler de l’inclusion", se réjouit Emilie. Ils ont déjà plusieurs points de chute, notamment en Allemagne, en Slovaquie ou en Roumanie.

Le sport comme moyen d’intégration

Faire du sport présente de nombreux avantages pour les personnes atteintes de maladies mentales. Pour Davy, "c’est un moyen de plus inclure des personnes qui sont souvent en foyer, entre elles, enfermées, isolées, ça permet de les sortir."

On a vu des personnes autistes faire du tennis qui ne montraient plus de présence d’autisme. C’est vraiment un lâcher prise ! 

Davy


Pratiquer une activité sportive permet aussi de se maintenir en forme. Or les personnes atteintes de trisomie 21 sont souvent sujettes à des problèmes de poids, ce qui limite leur indépendance.

a apporte aussi un bénéfice à la société en général. Ça ouvre le regard de la société, ça gomme les différences, complète Emilie. C’est aussi pour ça qu’on passe dans les écoles. On sait que c’est par l’éducation que la société va évoluer et mieux intégrer le handicap mental, comme elle le fait aujourd’hui avec le handicap physique où on essaye de faire attention avec des aménagements."

Pour raconter leur périple, les deux cyclistes ont prévu une page Facebook, mais aussi une chaine Youtube, et un blog. Le couple a aussi lancé deux collectes de dons : une destinée à l’association Trisomie 21 France, et une autre pour son homologue mondiale, Down Syndrome International.