De nombreux radeaux de sargasses se dirigent vers les Antilles

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Algues sargasses au Marigot
Sur le front de mer du Marigot. ©Christine Cupit
La Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DEAL) de Guadeloupe annonce un risque "fort à très fort" d'échouement de sargasses en Martinique et en Guadeloupe dans les prochains jours.

La Guadeloupe et la Martinique sont menacées par un risque "fort à très fort" d'échouement d'algues sargasses dans les prochains jours, selon le dernier bulletin de prévision de la DEAL de Guadeloupe (Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) paru jeudi.

S'il est constant depuis le mois de janvier, le risque d'échouement de sargasses en Guadeloupe n'avait jamais été aussi important depuis.

Ces algues, qui prolifèrent dans la région caribéenne depuis 2011, dégagent quand elles s'échouent sur le rivage des émanations nauséabondes et toxiques qui ont des impacts sanitaires et économiques importants.

Des côtes de plus en plus menacées

"Les côtes de la Martinique et de la Guadeloupe sont encore plus menacées qu'auparavant" car "le courant des Antilles a légèrement dévié vers le Nord-Ouest", explique la DEAL dans son dernier bulletin de prévision. "La Martinique recevra certains radeaux passant entre Sainte-Lucie et la Barbade. Les autres se dirigeront vers l'archipel guadeloupéen, puis vers Saint-Barthélemy et Saint-Martin", souligne le communiqué.

De la Désirade à Basse-Terre, en passant par les Saintes, Marie-Galante, où certaines plages de la Grande-Terre, l'est et le sud de l'archipel sont ainsi menacés. Les algues brunes se situent à "80 km de l'est et du sud-est de la Désirade", ou "à 50 km et jusqu'à 150 km au sud-est de la Pointe des Châteaux [...] lentement entraînées par un courant de surface", ou encore "remontent vers le canal de la Dominique".
Ces algues, si elles s'échouent sur les côtes guadeloupéennes, viendront s'ajouter aux derniers échouements, ramassés tant bien que mal par les collectivités.

Un désagrément important

Marc, pêcheur, sort de moins en moins car "ça nous gêne, ça casse les moteurs, c'est dur pour sortir". "Impossible de rester là plus de 10 minutes", soupire un badaud incommodé par l'odeur, sur la plage de Saint-Félix au Gosier. Nathalie, vacancière, déambule seule sur cette plage familiale habituellement très fréquentée : "du coup c'est très sauvage, il n'y a personne, alors j'essaie de voir des iguanes", sourit-elle.

"De nombreux radeaux" sont encore présents dans l'Atlantique, "jusqu'à 400 km au large" et d'autres "remontent dans le courant des Guyanes", souligne encore la DEAL pour les prévisions des deux prochaines semaines.

2021, prévue riche en sargasses

2021 est présentée comme une année riche en sargasses en Guadeloupe, globalement comparable aux arrivages massifs subis en 2018. En octobre 2019, l'ex-Premier ministre Edouard Philippe s'était rendu aux Antilles pour défendre l'importance de la coopération internationale contre ce fléau qui prolifère dans toute la Caraïbe.