« Quand on est ultramarin, loin du domicile familial, on est plus désavantagés que les autres » souligne Philippe Legrix, coprésident de Sciences Ô, rappelant les difficultés spécifiques auxquelles ces étudiants sont confrontés. Aux côtés de Maeva Caderoly, également co-présidente, il apporte un soutien concret à travers des actions solidaires. Grâce à la mobilisation de RUDN (Rapatriements des Ultramarins dans leurs Départements Natals), des repas antillais tels que riz djondjon et penne au poulet grillé ont été servis, permettant à chacun de trouver un peu de réconfort dans des saveurs familières. Pour Marie Grandbois, de l’association Sorb'Outremer, c'est une solidarité XXL dont l’objectif va bien au-delà de l’aide alimentaire : « C’est vraiment pour l’intégration et l’entraide de tous, pour qu’on se sente dans notre "famille", si on peut dire. » Murielle Gossec, présidente de l’association RUDN, était au four et au moulin “Les conserves c’est top mais on voulait que chaque etudiant ait un repas chaud ce soir”. Une initiative largement saluée par les étudiants bénéficiaires, à l’image de Léika Steone, de la Sorbonne Nouvelle, venue accompagnée de ses amies : « Ça a dépassé mes attentes ! Je ne suis pas du tout déçue»
Une précarité inquiétante mais des solutions en bonne voie
Il y a une grande forme de précarité étudiante.
Maeva Caderoly, co-présidente de Science Ô
D’après un sondage de l’IFOP, plus d’un tiers des étudiants ne mange pas à tous les repas. Cette problématique préoccupe de plus en plus les associations ultramarines. Sorb'Outremer et Sciences Ô, associations respectives de la Sorbonne et de Science Po ne se limitent pas aux distributions, souhaitent étendre leur engagement. En plus de leurs ateliers éducatifs, ils veulent répondre aux besoins de chacun et réitérer ce genre de distribution. Le but selon Maeva Caderoly, n’est pas de “panser la précarité mais de se retrouver”. Malgré tout, cet acte de solidarité n’est que le fruit de la volonté des étudiants. Ces derniers déplorent un manque d’investissement dans l’accompagnement des étudiants ultramarins et précaires.
Si ces distributions solidaires offrent un répit bienvenu, elles ne suffisent pas à freiner la précarité étudiante. Les associations ultramarines, malgré leur engagement, ne peuvent pallier seules les carences du système. En attendant, la solidarité étudiante continue de se mobiliser, espérant obtenir des solutions durables, à l’image du projet de « Resto du Cœur Ultramarin ».