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Laïni Cultier : désacraliser la science pour qu’elle soit accessible à toutes

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Laïni Cultier
Laïni Cultier ©Philippe Du Pont
L’ingénieure martiniquaise Laïni Cultier a créé l’association Science Her, dont elle est présidente, il y a un an, avec l’objectif de donner de la visibilité aux femmes dans les communautés scientifiques.
 
Les chiffres ne mentent pas. Dans le monde, les femmes représentent 29% de la totalité des scientifiques, selon les statistiques de l’Unesco (juin 2019). Laïni Cultier a aussi fait le constat dans le grand groupe français d’électronique où elle travaille en tant qu’ingénieure : il y a très peu de diversité.
  

Pourquoi les femmes sont-elles minoritaires dans les milieux scientifiques ?

Le constat évoqué par Laïni Cultier est que « nous-mêmes nous mettons des freins » à suivre des carrières scientifiques : "Est-ce que je serai compétente ? Ces études-là me semblent compliquées, je vais plutôt faire des études courtes…" sont les réflexions que les jeunes femmes pourraient avoir et qui les empêcheraient d’accéder à des postes de chercheuses.
 

Est-ce que ce sont les femmes qui n’osent pas suivre ces types de carrières ou est-ce qu’elles se posent des freins ?


L’ingénieure déplore aussi le manque de modèles auxquelles les jeunes filles peuvent s’identifier. La raison : les femmes scientifiques n’osent pas se mettre en avant, elle la première : "avant, je ne communiquais pas." Ce cheminement a motivé la création de son association Science Her.
« Et si des femmes comme elles leurs parlaient, expliquaient leurs carrières, les stratégies qu’elles ont mis en place ?"
  

Donner plus de chances aux jeunes filles

Si le but premier de cette association est de donner un autre visage de la femme scientifique, autre que celui "d’une femme qui reste devant son ordinateur", elle souhaite aussi inspirer les jeunes filles qui souhaiteraient rejoindre ces professions. Pour cela, elle a fait le pari de "mettre en lumière des femmes scientifiques du monde entier pour inspirer les jeunes."
L’association, si elle n’est pas centrée sur les Outre-mer à l’origine, accorde de l’importance aux problématiques liées à ce territoire, par rapport à la visibilité des femmes, car la science est "un domaine où on n’est pas attendues".
 

On nous voit beaucoup dans le sport, la musique, la culture, mais pas forcément dans le milieu scientifique. 


En plus d’organiser un colloque le 7 mars intitulé "Femmes scientifiques d’Ici et d’Ailleurs", qui portera une attention particulière aux scientifiques ultramarines, Laïni Cultier espère aussi mettre en place des dispositifs pour aider les jeunes filles à s’orienter.  

Dans l’Outre-mer, il y a des dossiers et des bourses, mais les jeunes filles ne se portent pas candidates. Nous souhaiterions aller voir ces jeunes filles dans les écoles, dès le collège, et les parrainer pour les pousser à remplir les dossiers.


Ainsi, elle espère réussir à changer la donne, et inspirer les jeunes filles à suivre des parcours scientifiques.