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Dix moments forts du Grand débat national avec les maires d’Outre-mer

Le président Emmanuel Macron a rencontré ce vendredi une soixantaine de maires, ainsi que quelques parlementaires et présidents de région à l'Elysée dans le cadre du Grand débat national. Les élus ont tenu à exprimer les particularités et les besoins de leurs territoires.

Le président Emmanuel Macron lors du Grand débat national avec les maires d’Outre-mer à l'Elysée, le 1er février 2019. © Michel Euler / POOL / AFP
© Michel Euler / POOL / AFP Le président Emmanuel Macron lors du Grand débat national avec les maires d’Outre-mer à l'Elysée, le 1er février 2019.
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Après les réunions de Grand Bourgtheroulde (Eure), Souillac (Lot) et Valence (Drôme), c'était la quatrième fois que le président de la République discutait avec les maires, mais cette fois des maires venus spécialement des Outre-mer. Un peu plus de soixante élus ultramarins (sur environ 130 invités) de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte et Saint-Pierre et Miquelon avaient accepté de faire le déplacement à l’Elysée, accompagnés pour l'occasion de quelques parlementaires et présidents de région. Les élus des trois territoires du Pacifique (Polynésie, Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna) n'avaient pas été invités. L'Elysée justifiait ces absences en expliquant dans une note que "l'Etat n'exerce pas de responsabilité économique et sociale" dans ces territoires du Pacifique. Temps forts des discussions. 
  

#1 Emmanuel Macron ouvre les débats  

"Nous vivons une crise très grave et très profonde", a souligné le chef de l'Etat en ouvrant les débats, soulignant que les territoires ultramarins n'avaient pas "tous été touchés de la même façon par ce mécontentement". "Dites les choses de manière directe, et apportez votre part de vérité", a demandé Emmanuel Macron aux maires, rappelant que dans les territoires il y avait déjà eu "beaucoup de débats" avec les assises des Outre-mer, la grande consultation de huit mois qui a abouti en juin 2018 au Livre bleu Outre-mer. "L'action commence, avec un agenda qui est connu et des étapes qui sont bien bordées", a assuré le président.
 


#2 Administration : "Nous n'en pouvons plus avec les contraintes"

"Transformons notre administration de l’Etat dans les DOM", a plaidé Michel Vergoz, le maire de Sainte-Rose à La Réunion. "C’est très difficile chez nous. C’est plus difficile que dans l’Hexagone. Nous avons l’insularité à assumer, toutes les contraintes. (…) Monsieur le président, nous n'en pouvons plus avec les contraintes, c'est vous qui pouvez nous soulager pour ramener l’Etat à un dialogue responsable, à un Etat accompagnateur, à un Etat facilitateur, à un Etat régulateur des excès, des déviances et des dérives…"


#3 Apatou, Guyane : "Une situation explosive"

"Apatou présente certainement le pire taux de chômage de France, plus de 60% chez les jeunes", explique Paul Dolianki, le maire. "Commune enclavée, elle présente des retards en matière d’équipements publics que l’on imaginerait pas dans un pays comme la France : absence d’eau potable, d’électricité, d’assainissement ; fracture numérique, désert médical, enclavement et difficultés d’accès aux services publics. (…) Il est nécessaire de réagir, et de renverser cette inactivité qui pousse nos jeunes dans les bras des réseaux des trafiquants de drogue. Pour le faire une opportunité nous est offerte par l’abondance des ressources aurifères dont dispose ce territoire."


#4 Chlordécone : "Le petit médecin de campagne que je suis..."

Intervention forte du maire de Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe. Joël Beaugendre, ému, interpelle le chef de l'Etat sur la problématique du Chlordécone : "Le petit médecin de campagne que je suis vous affirme que de nombreux Guadeloupéens et Martiniquais sont malades de la chlordécone et meurent quotidiennement. (…) Nos populations doutent aujourd’hui de la potabilité de l’eau. Nos populations se détournent de la consommation des fruits et des légumes du pays. (…) Je vous demande donc très simplement et solennellement aujourd’hui de vous engager comme vous l’avez déjà fait sur la voie de réparation et de reconnaissance de la prise en charge des maladies liées à la chlordécone".
 
 

#5 Le député de La Réunion Jean-Hugues Ratenon fustige "une mascarade"

Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion (La France insoumise) a décidé de quitter l'Elysée au milieu des débats, arguant qu’on ne voulait pas le laisser s’exprimer. "Les personnes qui s’expriment sont déjà désignées à l’avance. C’est la ministre des Outre-mer, madame Girardin qui annonce les personnes qui vont prendre la parole", dénonce-t-il. "Je n’attends rien de ce débat orchestré par Emmanuel Macron".
  

#6 Mayotte : "Nous sommes au bord de la rupture"

"Monsieur le président nous sommes dans ces territoires de la République au bord de la rupture", a déclaré Said Omar Oili, maire de Dzaoudzi Labattoir à Mayotte. "Nous avons l’impression que les décideurs dans les sphères nationales sont atteints d’autisme. (...) Les brillants rapports de missions administratives et parlementaires s’accumulent, décortiquant nos problèmes. Les assises produisent des synthèses intelligentes. Mais malgré tout nous avons l’impression de na pas être écoutés, d’être parfois méprisés, ou relégués après d’autres priorités."
 

 
#7 Sargasses : "Venez voir à Marie-Galante !"

La maire de Capesterre de Marie-Galante, Marlène Miraculeux-Bourgeois, a invité le président de la République à venir constater sur place qu'il est impossible de ramasser les algues sargasses en 48h... "Je suis venu vraiment pour que vous puissiez m’entendre, monsieur le président. (…) J’apprécie l’effort (de l’Etat), mais ramasser les sargasses en 48h ce n’est pas possible. Il faudrait que vous puissiez venir voir le volume de sargasses que nous ramassons par jour. (…) Les gens s’en vont petit à petit à cause des sargassses. (…) Je ne suis pas venu pleurnicher ni quémander une aide de l’Etat mais je voudrais qu’on nous considère et qu’on nous accompagne comme tout citoyen de France hexagonale dans une pareille catastrophe".
 
 

#8 Chlordécone : vif échange entre Victorin Lurel et Emmanuel Macron

Se fondant sur les études officielles, le chef de l'Etat a affirmé qu'il "ne faut pas dire que c'est cancérigène", "parce qu'à la fois on dit quelque chose qui n'est pas vrai et on alimente les peurs". Présente au débat, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a ajouté que les études se poursuivent sur ce cancérogène "probable". Le sénateur socialiste et ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel, "pas convaincu", a demandé qu'on lui démontre qu'"il ne faut pas dire que c'est cancérigène". 

 

#9 Guyane : La précarité est à 65%

"La question de la filiale aurifère n’est pas une question amérindienne. Elle est guyanaise, elle est française", a tenu à dire Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane. "(…) La Guyane se meurt, la précarité est maintenant à 65% (...) Après la première locomotive qui est la base spatiale, nous devons en avoir une deuxième qui est la filière aurifère et la filière pétrolière. Ne nous précipitons pas, discutons avec le milieu écologiste, car je suppose que vous et moi, personne ne va accepter de polluer et de détruire une forêt."
 
 

#10 Emmanuel Macron : "C'est moi qui donne le micro !"

Après six heures de discussion avec les élus, Emmanuel Macron s'agace de la répétition des questions. Il prend les choses en main en récupérant tous les micros. "C'est moi qui donne le micro ! Ce n’est pas une communauté autogérée !", ironise le chef de l’Etat. "On a fait cinq fois la même question à chaque fois ! Je vais être sincère, c’est pas pour mollir le papier !" Ce sera donc deux questions supplémentaires.
 

Revivez en cliquant ici le direct numérique que nous avons consacré à ce Grand débat national. Retrouvez ici les trois Facebook live de La1ere reprenant l'intégralité des débats. 

 

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