DOCU. 1976, l'éruption de la Soufrière en Guadeloupe racontée de l'intérieur par un volcanologue

catastrophes naturelles

L'éruption de la Soufrière en 1976 a changé la vie et la façon de réfléchir de Patrick Allard, jeune vulcanologue proche d'Haroun Tazieff. Comment et pourquoi ? C'est à découvrir dans ce documentaire "Guadeloupe, celui qui surveillait la Soufrière" de la série "Vos photos, notre histoire".

Patrick Allard est directeur de recherches au CNRS. Il nous raconte sa passion des volcans et comment "l'Affaire de la Soufrière" a créé pour lui une relation particulière avec la Guadeloupe, chère à son coeur.

Haroun Tazieff, l'instigateur de sa vocation

À quatorze ans, Patrick Allard découvre "Les rendez-vous du diable", le film d'Haroun Tazieff. C'est le déclic, le jeune adolescent décide de devenir vulcanologue. Coup du destin ou hasard, il dispute un match de rugby contre l'équipe dans laquelle joue le célèbre Tazieff. Patrick Allard rencontre son idole. Il a 17 ans. Haroun Tazieff le conseille sur ses études et promet de l'emmener plus tard en expédition avec lui. C'est ainsi que Patrick Allard intègre l'équipe d'Haroun Tazieff quelques années après.

Patrick Allard jeune vulcanologue - vos photos notre histoire Guadeloupe
Patrick Allard, jeune vulcanologue sur les pentes d'un volcan ©Patrick Allard / Bonne Compagnie

Le duel Tazieff - Allègre lors de la crise de la Soufrière

Patrick Allard effectue son service militaire civil en Guadeloupe. Il part en 1975 surveiller le volcan de la Soufrière. Le 8 juillet 1976, le volcan de la Soufrière se réveille. Haroun Tazieff et son équipe arrivent sur place cinq jours après le début de l'éruption volcanique. Patrick Allard raconte les difficultés liées aux conditions météorologiques, les prises de risques des scientifiques lors des expéditions au plus près des fumeroles. Il se souvient de l'excitation de vivre au coeur d'un évènement. Haroun Tazieff estime qu'il n'y a pas de risque majeur, son équipe quitte la Guadeloupe.

Articles de presse suite à l'explosion du 9 août 1976 - vos photos notre histoire Soufrière Guadeloupe
Articles parus dans la presse après l'explosion de la Soufrière, le 9 août 1976 en Guadeloupe ©France Antilles / Bonne Compagnie

Le 8 août 1976, Claude Allègre est nommé directeur de l'IPG, l'Institut de physique du globe et devient, de fait, le responsable hiérarchique d'Haroun Tazieff. Le lendemain, le 9 août, une explosion importante au sommet du volcan entraîne des retombées de cendres sur les hauts de Saint-Claude, Baillif et Vieux-Habitants. Haroun Tazieff, en expédition en Équateur, est injoignable. Pierre Brousse est dépêché sur place. Celui-ci panique devant l'activité sismique enregistrée et demande au préfet d'évacuer la population en urgence, le 15 août. Plus de 70 000 Guadeloupéens quittent leur commune et rejoignent les centres d'hébergement en Grande Terre.

Tazieff et Allègre - Vos photos notre histoire Soufrière Guadeloupe
Détails d'une planche contact : Haroun Tazieff et Claude Allègre en expédition sur les flancs de la Soufrière, le 30 août 1976 ©Bonne Compagnie

Haroun Tazieff, prévenu, retourne directement au chevet du volcan. Claude Allègre s'y rend aussi. Le 30 août, les deux hommes, qui se détestent depuis leur première rencontre en 1964, partent observer le volcan. Une éruption phréatique les surprend au sommet. Cette prise de risque qui faillit coûter la vie aux volcanologues, scelle définitivement l'inimitié entre les deux hommes. Haroun Tazieff est démis de ses fonctions mais c'est lui qui avait raison. Il n'y a pas eu de catastrophe majeure. Les Guadeloupéens retournent en Basse-Terre quatre mois après l'évacuation.

Retrouvez sur le portail des Outre-mer les autres épisodes de la collection Vos photos, notre histoire

Écriture Mélanie Dalsace et Stéphanie Colaux
Réalisation Stéphanie Colaux 
Production Bonne Compagnie
Durée 13 min