Donald Trump a "délégitimé l’ensemble des institutions américaines", selon Jean-Claude Beaujour, vice-président de France-Amériques 

politique
Des militants pro-Trump pénétrant dans le Capitole à Washington le 6 janvier 2021
Des militants pro-Trump pénétrant dans le Capitole à Washington le 6 janvier 2021 ©SAUL LOEB / AFP

L'avocat guadeloupéen et vice-président de France-Amériques revient pour Outre-mer la 1ère sur les violences qui ont eu lieu hier à Washington aux Etats-Unis. Selon Jean-Claude Beaujour, ce sont les discours de Donald Trump depuis deux mois qui ont conduit à cette situation.

Du jamais vu aux Etats-Unis. A moins de deux semaines de l’investiture de Joe Biden, la séance de certification du vote des grands électeurs à Washington a été perturbée par l’irruption de dizaines de militants pro-Trump dans le Capitole. Des scènes de violence inédites, qui ont même abouti à la mort d’une manifestante. 

D’après le vice-président de l’association France-Amériques, le Guadeloupéen Jean-Claude Beaujour, les scènes ont été provoquées par le président et “la démarche qui est la sienne depuis un certain nombre de mois.”

Deux mois de discours provocateurs

L’avocat précise : “Comme tout candidat, il était en droit de contester le résultat des élections. La justice a rendu 16 décisions puisqu’il y a eu plus de 60 procédures et la justice a finalement conclu à ce que les élections soient consolidées et confirmées."

Alors, selon Jean-Claude Beaujour, si le président n’a pas “textuellement” appelé à ce rassemblement, "les discours [que Donald Trump] a tenus ces deux derniers mois ont conduit à cette situation."

Je rappelle qu’une femme a été tuée ! De la violence et une mort pour rien ! Tout cela alors que la certification qui a eu lieu au cours de ces dernières 24 heures n’aurait pas pu être empêchée par le président Donald Trump, ni par son vice-président.

Jean-Claude Beaujour

 

Hier soir, Donald Trump a finalement appelé à un retour au calme dans une vidéo. Mais tout en demandant à ses militants de rentrer chez eux, il a à nouveau assené que l'élection avait été truquée. 

Ce qu’a fait le président, c’est qu’il a malheureusement délégitimé l’ensemble des institutions en expliquant à ses partisans qu’on lui avait volé les élections, en faisant l’impasse sur les procédures, sur un certain nombre de règles.

 

Retour au calme espéré

Jean-Claude Beaujour dit souhaiter un apaisement pour les Etats-Unis. “En revanche, la situation ne s’apaisera que s’il y a de chaque côté un petit effort”, souligne l’avocat.

 
“Même s’il y a eu des propos contestables de la part du président, les Démocrates n’ont pas interêt à multiplier les procédures judiciaires par la suite contre Donald Trump" (à partir du 20 janvier, Donald Trump perdra son immunité présidentielle, ndlr).

Je pense que sur le plan politique, tout le monde a intérêt à ce que les choses se calment, pour éviter de nouvelles manifestations par la suite.


Premier sénateur noir en Georgie

Enfin, interrogé par Tiziana Marone sur l’élection de Raphael Warnock, premier sénateur noir en Géorgie, Jean-Claude Beaujour reconnaît que c’est “une bonne chose”“c’est le sud des Etats-unis, la Géorgie, c’est un Etat où il y a une volonté de réunir les Blancs et les Noirs. Le Sénateur élu est aussi un pasteur ; il a expliqué qu’il serait le sénateur de l’ensemble des Américains et ce message de paix est important dans le sud des Etats-Unis, précisément après le violences auxquelles on vient d’assister.”