Emmanuel Macron "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution" : les Outre-mer le sont déjà [Encadré]

Emmanuel Macron s'est déclaré mercredi "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution", l'une des principales revendications des nationalistes. Les Outre-mer le sont déjà dans l'article 72. 
En déplacement en Corse, le chef de l'Etat s'est déclaré mercredi "favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution", l'une des principales revendications des nationalistes. Ce serait "une manière de reconnaître son identité et de l'ancrer dans la République", a déclaré le président dans un discours à Bastia, en appelant les élus insulaires à débattre de ce projet "dans le mois qui vient", avant sa discussion au printemps dans le cadre du projet de révision constitutionnelle.


Les Outre-mer

Si la Corse était mentionnée dans la constitution, ce ne serait pas une première, les Outre-mer le sont déjà, dans l'article 72-3 qui dit exactement ceci : 

La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d'outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité.

La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Wallis et Futuna et la Polynésie française sont régis par l'article 73 pour les départements et les régions d'outre-mer, et pour les collectivités territoriales créées en application du dernier alinéa de l'article 73, et par l'article 74 pour les autres collectivités.

Le statut de la Nouvelle-Calédonie est régi par le titre XIII.

La loi détermine le régime législatif et l'organisation particulière des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton.


- Article 72-3 de la Constitution

Manuel Valls défavorable à l'inscription de la Corse dans la constitution
Manuel Valls s'est dit jeudi défavorable à l'inscription de la Corse dans la Constitution. "Je ne voterai pas cette partie-là", a prévenu M. Valls sur franceinfo. Le député apparenté LREM a "salué les discours du président de la République, à Ajaccio en hommage au préfet (Claude) Erignac, et hier, à Bastia". Il a en particulier apprécié les propos de M. Macron qui a écarté la "co-officialité" de la langue corse ou refusé un "statut de résident". Mais, a-t-il ajouté, "je ne vois pas en quoi il faudrait mentionner la Corse dans la Constitution, ce n'est pas un territoire d'outre-mer...".

Selon l'ancien Premier ministre, "il y a une spécificité insulaire, une culture corse, mais il y en a ailleurs". Il a cité la Bretagne, l'Alsace ou encore le Pays basque. "Chacun à ce moment-là pourrait demander une inscription", a mis en garde le député de l'Essonne. Pour lui, "c'est ouvrir la boîte de Pandore, je pense qu'on est dans un moment où il faut faire très attention à tout ce qui peut défaire la France".