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En Auvergne, l’orfèvrerie française brille du nickel calédonien

Thiers, la capitale de la coutellerie française, veut croire en son avenir. Sur place, une entreprise de coutellerie organise son développement avec le meilleur acier au monde. Il contient un alliage de nickel produit en Nouvelle-Calédonie. Reportage. 

Entreprise d'orfèvrerie André Verdier. Acier inoxydable 18/10 au nickel calédonien. © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Entreprise d'orfèvrerie André Verdier. Acier inoxydable 18/10 au nickel calédonien.
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Oublié le temps où des milliers d’ouvriers-paysans aiguisaient les lames de couteaux allongés sur des planches. L’image d’Epinal a disparu. Aujourd’hui, Thiers vit au rythme de l’innovation et de la qualité. Contre la concurrence asiatique et sa main-d’œuvre bon marché, contre sa production de masse qui utilise de l’acier inoxydable sans nickel, ou un nickel de basse qualité, des PME de Thiers font le choix du haut de gamme. L’acier inoxydable n’est choisi que s’il contient 10 % de nickel calédonien. Face à la crise du prix des matières premières, c’est sans doute un exemple à suivre.
 

La vallée des usines

Thiers compte 14.000 habitants. La ville est toujours le plus grand centre français de coutellerie. Une tradition d'abord artisanale qui remonte au Moyen-Age et qui s'est transformée au fil du temps en une mono-industrie faisant vivre au plus fort de sa gloire plus de 20.000 personnes. Elles ne sont plus que 2000 aujourd’hui. Dans l’ancienne vallée des usines se trouvent des bâtiments désaffectés et des ateliers fantomatiques et abandonnés. L'arrivée de la concurrence chinoise et pakistanaise, dans les années 1980, a dévasté les petites PME, naguère prospères. L'une d'entre elles exportait sa production en Nouvelle-Calédonie. Son ancien patron, Thierry Delarboulas, s’en souvient. Il est désormais contrôleur de la qualité pour la coutellerie Verdier : « Le type de produit pour la Nouvelle-Calédonie, c'était plutôt la machette, le sabre d'abattis qui était un outil pour eux et ça représentait à peu près 8 à 10.000 pièces par an ».
 

Vivre et travailler en Auvergne

L’entreprise Verdier, une PME locale, a fait le choix du haut de gamme avec une production 100 % française. Elle exporte dans le monde entier et notamment en Australie et en Californie. Ici, le travail est artisanal. Il y a le savoir-faire des hommes, il y a aussi la qualité du métal qui brille du meilleur alliage de fer et de nickel au monde : le SLN 25 est calédonien : « Face à la concurrence chinoise, nous sommes obligés de trouver les meilleures matières, il faut qu'elles soient conformes aux normes de contacts alimentaires, aux normes de durabilité. Pour l'acier inoxydable de nos pièces, le nickel calédonien certifié ISO 14001, nous apporte une certification environnementale de plus » précise Ronan Verdier, le PDG de l’entreprise.
 

La Nouvelle-Calédonie fournit le nickel

Dans les ateliers on travaille en famille, au rythme des artisans. C’est la garantie d’un label de qualité, d’une appellation d'origine contrôlée. Le haut de gamme de l’orfèvrerie culinaire et de la coutellerie de Thiers bénéficie aussi de la récente certification « ISO » du SLN 25 calédonien qu’elle utilise : « C'est assez extraordinaire de voir qu'on est aux antipodes de la Nouvelle-Calédonie et qu'on travaille pour un même produit qui est de l'orfèvrerie vendue dans le monde entier et produit en France. Si on n’a pas de nickel dans l’inox, on va créer des fissures. On a besoin d'étaler le métal pour réaliser un modèle d'orfèvrerie » conclut Aubry. Le « maître de forges » est le frère et le partenaire de Ronan Verdier dans la PME.

Portes ouvertes dans l’atelier de production de la coutellerie André Verdier à Celle sur Durolles. Le reportage d’Alain Jeannin et de Nordine Bensmail. Montage Fred Martin-Vallet.

Nickel Thiers Verdier

 

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