Coronavirus : les acteurs du tourisme Outre-mer mettent l’accent sur la sécurité sanitaire

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Tourisme de croisière en Guadeloupe
Le tourisme de croisière est en hausse aux Antilles ©GARDEL Bertrand / hemis.fr
La ministre des Outre-mer et les acteurs du tourisme ultramarins ont tenu une réunion (à distance) lundi 27 avril. L’aspect économique a été mis de côté au profit des questions de sécurité sanitaire.
Les acteurs touristiques ont prouvé leur grande responsabilité face à cette crise, en plaçant la question sanitaire comme une priorité absolue”, a salué le gouvernement dans un communiqué.
 

Sécurité sanitaire

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin et le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, ont échangé lundi 27 avril avec les acteurs du tourisme en Outre-mer. 

L’objectif de ces réunions : écouter les doléances des acteurs clés du tourisme en Outre-mer, dans un contexte de pandémie. Les questions économiques sont passées au second plan, les agences de voyages, compagnies hôtelières et autres acteurs du secteur préférant mettre l’accent sur le volet sanitaire. 
 

Il y a eu une vrai demande de sécurisation sanitaire. Bien sûr que l’on veut des aides économiques. Mais surtout, on veut qu’on nous aide à retravailler. L’idée c’est donc de faire des Outre-mer une destination "safe".
Samia Badat-Karam, déléguée générale de la FEDOM

 


Nous voulons afficher La Réunion comme une destination sécurisée, approuve Patrick Serveaux, hôtelier et président de la Commission Tourisme du Medef Réunion. La Réunion, c’est l’alternative que nous voulons proposer aux Français qui ne pourront pas partir à l’étranger cet été.

Pour cela, il compte labelliser un processus pour sécuriser la clientèle et les salariés de ses hôtels “avec par exemple la désinfection des tables des restaurants et la mise à disposition de gels hydroalcooliques”.

Tests sérologiques dans les aéroports

Parmi les autres solutions évoquées par les acteurs touristiques : des gants, masques et gels hydroalcooliques. Mais aussi la mise en place de tests sérologiques dans les aéroports, au départ des destinations ultramarines.

Ces tests permettent, au moyen d’une prise de sang, de détecter des anticorps dirigés contre le Covid-19. “Si des anticorps sont retrouvés, cela permet d’établir que le système immunitaire du patient a déjà rencontré le virus, autrement dit d'établir qu’il y a eu infection”, précise la Haute Autorité de Santé.

Une mesure envisagée pour sécuriser les déplacements et rassurer les touristes.
 

Caméras thermiques dans les aéroports

Nous sommes aussi favorable à la présence de de caméras thermiques dans les aéroport afin de détecter les personnes à risques, explique Patrick Vial-Collet, président de la Chambre de commerce de Guadeloupe. Tout ce qui limite la propagation du virus, nous y sommes favorable, à condition que cela ne handicape pas les touristes et les amène à fuir. Ainsi certains proposent d’effectuer un deuxième test à leur arrivé en Outre-mer. Pour ma part, je n’y suis pas favorable.
 

Rappels des aides économiques

Si l’aspect économique est passé au second plan au cours de ces réunions, Annick Girardin et Jean-Baptiste Lemoyne ont tout de même rappelé les mesures prises par le gouvernement pour accompagner le secteur du tourisme pendant la crise.

Ont ainsi été évoquées l’exonération de cotisations sociales pour les TPE et PME des secteurs des restaurants, cafés, hôtels et entreprises du tourisme mais aussi l'élargissement et la prolongation du fonds de solidarité ouvert aux entreprises du tourisme jusqu’à 20 salariés. “Un signal fort”, selon Samia Badat-Karam, déléguée générale de la FEDOM, la Fédération des Entreprises d’Outre-mer.
  Le tourisme est un secteur clé de l’économie ultramarine. Il représente en moyenne 10% du PIB des Outre-mer et plusieurs dizaine de milliers d’emplois directs et indirects. Avec la suspension des vols commerciaux et la fermeture des bars et des restaurants, il est particulièrement mis à mal.

Le secteur touristique, c’est celui qui va payer un lourd tribu, prévient Patrick Vial-Collet. Il s’agirait de ne pas le laisser pour compte.” Car si pour l’instant les aides misent en place ont permis de limiter les dégâts, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Guadeloupe craint “l’après”, quand les aides ne seront plus là mais que l’activité ne sera pas totalement à son maximum.

Au terme de cette journée de consultation, la ministre des Outre-mer ne s’est pas prononcée sur les différentes propositions. “Un point d’étape sera fait sur ces sujets avec les professionnels de ces secteurs lors d’un conseil interministériel du tourisme le 14 mai prochain afin de construire un plan de relance du secteur, adapté à chacun des territoires", précise un communiqué.
 

Un questionnaire pour évaluer les pertes

Suite à ces réunions, la FEDOM s’est entretenue, mardi 28 avril, avec différents acteurs du tourisme pour faire le point sur la situation, territoire par territoire, profitant de l’occasion pour distribuer aux entreprises du secteur un questionnaire sur le “tourisme post-covid”.

L’objectif : collecter un maximum d’informations sur les pertes qu’ils ont subies. “On se laisse tout le mois de mai pour recueillir les résultats”, précise la déléguée générale.
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