Eramet est de nouveau bénéficiaire : en Nouvelle-Calédonie, la SLN a atteint ses objectifs

nickel province sud
Usine Doniambo SLN Alain Jeannin
Usine de ferronickel SLN du groupe Eramet en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Le groupe métallurgique et minier est détenu à 26 % par l'Etat. Le pôle nickel réduit ses pertes. Le chiffre d'affaires s'élève à 3,6 milliards d'euros, le résultat opérationnel courant dépasse les 600 millions et le résultat net les 200 millions, contre une perte de 179 millions un an plus tôt.
La production de la SLN est en hausse de 2,9% à 56,8 kt en 2017, point haut de la décennie. Les résultats de la branche nickel progressent significativement en Nouvelle-Calédonie mais les difficultés opérationnelles de l'usine de Sandouville alimentée par une nouvelle source de nickel multi métallique ont pesé sur les résultats globaux de la branche. Eramet entend résoudre les problèmes de son usine normande courant 2018 pour atteindre une production de haute pureté de 15 kt cette année.

La SLN va mieux

Dans un contexte de prix encore faibles du nickel en 2017, la SLN a réalisé son plan de réduction de coûts. Ils ont baissé de 26 % sur deux ans. Mais la filiale calédonienne a encore perdu de l'argent et consommé 70 millions d'euros de trésorerie. “Nous avons annoncé un nouveau plan de réduction des coûts sur trois ans. Nous allons augmenter le temps de travail dans les mines pour améliorer la production, transformer le modèle managérial, réduire les effectifs de 300 personnes, mais sans plan social” indique Christel Bories. Le Président-directeur général d’Eramet poursuit "la SLN a réussi son plan de cash-cost avec une amélioration significative, nous allons dans la bonne direction".

L'usine de nickel de Nouméa entend encore améliorer son efficacité énergétique d’autant que la nouvelle centrale électrique au gaz naturel liquéfié n’arrivera pas avant 2022.

Concernant l’approche du référendum en Nouvelle-Calédonie Christel Bories émet un souhait : ” Tout ce qu'un opérateur économique peut espérer est que le scrutin se déroulera dans le calme. Nous ne faisons pas de politique, notre souci est qu'il y ait de la stabilité et du calme social et institutionnel en Nouvelle-Calédonie”.

Interview de Christel Bories, PDG du groupe Eramet



Compétitivité

Le groupe a aussi confirmé son objectif de baisse du coût "cash" de production de sa branche nickel calédonienne à un niveau de 4 dollars la livre à horizon 2020. Et plus si nécessaire : " la SLN doit pouvoir vivre le prochain bas de cycle sans crise"  indique Christel Bories. Les cours du nickel ont atteint 4,73 dollars la livre en 2017, en légère hausse, mais toujours inférieurs au coût de production "cash" de la Société Le Nickel (SLN), la filiale calédonienne d'Eramet, qui s'est établi à 4,76 dollars en moyenne l'an passé. La SLN est sur la bonne voie avec un cash-cost qui s'élève à 4,44 USD par livre au second semestre.

Sans fournir de prévisions chiffrées pour 2018, Eramet a souligné que ses marchés restaient "globalement bien orientés" en ce début d'année, tout en se disant "extrêmement vigilant" dans un environnement très volatil, en particulier sur la demande de métaux en Chine. Ce mercredi, le cours du nickel à la Bourse des métaux de Londres affichait 13 630 dollars par tonne soit 6,18 dollars par livre.

Vale n'est pas prévu au programme

Eramet entend miser sur la transition énergétique pour se développer, notamment dans les sels de nickel et le cobalt nécessaires aux batteries des véhicules électriques.
Pour autant, le groupe n'est pas intéressé, pour le moment, par une prise de participation dans Vale Nouvelle-Calédonie et son usine du Sud : " Vale cherche 500 million d'euros pour le site de Goro Nickel. Compte tenu de nos autres enjeux stratégiques, un investissement d'Eramet n'est pas prévu" (chez VNC ndlr) conclut Christel Bories.

Eramet a enregistré au titre de 2017 un résultat net part du groupe de 203 millions d'euros (contre -179 millions en 2016), un résultat opérationnel courant de 608 millions (contre 84 millions) et un chiffre d'affaires de 3.652 millions (+22%). Selon le consensus Thomson Reuters, les analystes attendaient en moyenne un résultat net part du groupe de 228 millions d'euros, un résultat opérationnel courant de 553 millions et un chiffre d'affaires de 3.608 millions.

Le cours de l'action Eramet enregistre mercredi l'une des plus fortes progressions de la bourse de Paris, avec une hausse de 15 % à 130 euros.