Eramet retrouve le sourire : les usines américaines devraient consommer plus de nickel et de manganèse

nickel province sud
Doniambo
Site industriel de l'usine de nickel SLN de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
La chevauchée boursière du groupe métallurgique et minier français est confortée par les positions du groupe aux Etats-Unis. Eramet progresse de près de 20 % en 5 jours, malgré une prise de bénéfices ce vendredi. À Londres, le nickel vise le seuil des 12.000 dollars. 
Le nickel monte, Eramet en profite. Le numéro un mondial dans le production de ferronickel a signé quatre séances consécutives de hausse. Eramet est soutenu par la progression des prix des métaux de base. Depuis le début de la semaine, le groupe français spécialisé dans le nickel calédonien et le manganèse gabonais affiche un gain de 20 %. Une hausse marquée qui améliore considérablement sa capitalisation et qui rassure les investisseurs et les banquiers.

Les valeurs minières recherchées

Pour le nickel et les autres métaux c'est sans doute la fin d'une longue dépression de 18 mois. Dopés par la perspective d’un bond des investissements publics dans les infrastructures aux Etats-Unis, les cours des métaux sont à l’honneur depuis l’élection de Donald Trump. Le programme du nouveau président américain prévoit 1000 milliards d’investissements dans le pays pour la rénovation des ponts, des bâtiments publics et des usines.

Eramet USA

Bonne pioche, Eramet est le premier producteur mondial de ferromanganèse avec 4 millions de tonnes de minerai produites et son usine américaine de Marietta utilise le métal gabonais pour produire des alliages affinés indispensables aux aciers carbones. Or, si le programme de Donald Trump se concrétise, des millions de tonnes d’acier seront nécessaires pour rénover les infrastructures nord-américaines. À Marietta dans l’Ohio, Eramet est bien placé. Son usine ne sera pas soumise aux éventuelles taxes à l’importation que souhaite établir Donald Trump.
Enfin, Eramet marche sur ses deux jambes - le manganèse et le nickel - le port de Long Beach à Los Angeles est la porte d’entrée américaine du ferronickel calédonien SLN25. L’alliage métallique entre notamment dans la composition des séries 300. Ces bobines d’acier inoxydable de 50 tonnes sont produites notamment par North American Stainless à Riverside en Californie.

Consensus

Le ciel s’éclaircit donc singulièrement pour le groupe français alors que la reprise économique mondiale semble se profiler à l’horizon. L’activité dégagée par Eramet en témoigne. Le chiffre d’affaires est en forte progression, dans le sillage de la hausse annuelle des cours du nickel (+30 %) et du manganèse (+70 %).

Et l'avenir ?

Pour le métal en général, calédonien en particulier, les deux dernières notes prévisionnelles de Bank of America et de Goldmann Sachs font la synthèse d'un consensus établi autour de 17 grands analystes. Ces derniers prévoient un prix en hausse de 17 % d’ici avril 2017. Et pour 2018, année de la consultation référendaire en Nouvelle-Calédonie ? Selon Bank of America, le cours du nickel évoluerait entre 13.500 et 14.900 dollars la tonne. Le seuil de rentabilité des usines calédoniennes serait donc assuré, si la production et la demande suivent. Ce vendredi au LME, le nickel reprend son souffle à 11.500 dollars. Le prix du métal enregistre une belle progression, de 5,30 %, sur la semaine.

L'opinions de l'analyste

"Le prix du nickel est semble-t-il bien arrimé au dessus de 10.000 dollars la tonne. A ce jour on est même au dessus de 11.000. La demande reste forte en Chine, et la Nouvelle-Calédonie a une carte à jouer face à l'Indonésie et aux Philippines. La tendance générale est celle d'une reprise des métaux, même le cuivre s'y met. On doit rester prudent mais il faut savoir prendre les bonnes nouvelles pour ce qu'elles sont".
Jean-François Lambert à la City de Londres