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Étudiants : comment expliquer (et stopper) la fuite des cerveaux des Outre-mer ?

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Jôs'lie-Fritz Bélénus
Jôs'lie-Fritz Bélénus, étudiante à Sciences Po Paris, a été auditionnée par la délégation des Outre-mer à l'Assemblée nationale afin de réfléchir à la lutte contre la fuite des cerveaux en Outre-mer. ©MB
La question du retour des étudiants dans les Outre-mer est souvent comparée à une "fuite des cerveaux". Par manque d'opportunités ou encore par peur du chômage, certains font le choix de ne pas rentrer. Comment endiguer cette fuite et comment redonner envie aux étudiants de rentrer Outre-mer ?
Après avoir interrogé des étudiants qui souhaitaient rentrer travailler dans leurs territoires et, au contraire, des ultramarins qui choississent de faire leurs vies professionnelles loin de chez eux, La1ère.fr s'est demandé pourquoi le retour n'était pas si évident pour les ultramarins. Jôs'lie-Fritz Bélénus, étudiante guadeloupéenne à Sciences Po, s'est également questionnée sur le retour des forces vives. À ce titre, elle a d'ailleurs été auditionnée par la délégation aux Outre-mer à l'Assemblée nationale en juin dernier.
  

Idées reçues...

Membre de l'association Sciences Ô, où sont rassemblés des étudiants ultramarins, elle explique d'abord le départ des étudiants par de nombreuses idées reçues : "Même dans les Outre-mer, on a l'idée qu'aller en métropole, c'est aller vers le succès". Elle ajoute à cela un problème d'attractivité et la pensée "qu'en métropole, il y aura plus de possibilité d'évolution de carrière". 
 
citation joslie-fritz bélénus
 

...mais vrais problèmes

Pourtant, au-delà des mentalités, il existe bien des difficultés, qu'elles soient matérielles ou sociales. Taux de chômage plus élevés, manque d'infrastructures, filières spécialisées moins développées... Jôs'lie-Fritz donne un exemple : "Quand vous vivez à Paris ou dans une grande ville métropolitaine, vous n'avez pas besoin d'avoir le permis, vous avez une grande offre de transports en commun ce qu'on ne peut pas forcément trouver dans les Outre-mer. Ça rajoute un coût."
 

Quelles pistes ?

Parmi les points à développer, Jôs'lie-Fritz imagine la généralisation des bourses de retour. "Les régions nous aident à partir et c'est très bien", note-t-elle, mais l'aspect financier "peut être un frein quand on veut revenir".

Une plateforme de stage pourrait être mise en place, imagine l'étudiante. À la différence du dispositif égalité-emploi qui permet aux étudiants dans l'Hexagone de trouver un stage sur place, elle permettrait aux étudiants installés hors de leurs territoires de trouver des contacts d'entreprises ultramarines afin de rentrer effectuer des stages chez eux.

Le web offre aussi la possibilité des cours en ligne, les MOOC. "Ça n'engendre pas des coûts importants mais ça permet d'élargir la formation et de donner des diplômes valorisants aux étudiants qui restent sur place et qui du coup ne supportent pas tous les coûts auxquels ils auraient à faire face en allant en métropole", analyse Jôs'lie-Fritz.

► Quelle est la situation et quelles sont les solutions ? Regardez l'entretien avec Jôs'lie-Fritz Bélénus : 

La1ère.fr a recueilli les témoignages d'étudiants des Outre-mer, installés hors de leur territoires. Ils nous ont racontés leurs choix, leurs projets et leurs inquiétudes. Retrouvez leurs témoignages :
 

Le dossier de La1ère.fr : "Études supérieures : rester ou partir, l'épineux choix des jeunes d'Outre-mer"
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