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L’ex-CRS réunionnais accusé d’agressions sexuelles attend sa condamnation

Le cour d'assises de Versailles juge depuis lundi un ex-CRS réunionnais accusé d'agressions sexuelles sur une dizaine de femmes à qui il proposait d'annuler leurs contraventions en échange de faveurs sexuelles. Le procureur a requis 15 ans de réclusion.

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  • Par Serge Massau
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C’est d’abord l’histoire d’un homme qui a quitté son île natale dans l’espoir de mieux gagner sa vie. A 22 ans, il intègre l’école de police et devient "un fonctionnaire sans histoire", comme le décrit le procureur. Mais en 2010, le fonctionnaire modèle bascule. Pour la période 2010-2013, il est accusé de deux viols sur une automobiliste, d’agressions sexuelles sur quatre autres, d’exhibition sexuelle contre une autre et de corruption passive envers quatre autres femmes.

Prêt à "puiser dans un vivier de femmes alcoolisées"

La plupart de ses victimes l’ont croisé à la sortie du Pacha Club, une boîte de nuit située dans les Yvelines. Après leur avoir dressé un procès-verbal, il leur propose un arrangement pour oublier l’infraction. Le procureur le décrit alors comme un "prédateur sexuel" doté d’un "sentiment d’impunité" lorsqu’il porte son uniforme de policier, prêt à "puiser dans un vivier de femmes alcoolisées". A l’audience, l’homme, de petite taille, âgé de 38 ans, mais en paraissant davantage, se prend la tête dans les mains. Entouré de policiers, il est en détention provisoire depuis trois ans. Le procureur requiert 15 ans de réclusion. 

Le plaisir "de se sentir important et d’avoir du pouvoir"

Maître Laurent Barone, l’avocat de l’ex- CRS réunionnais en convient dès le début de sa plaidoirie : "Il faut le condamner." Mais il explique que son client n’avait pas conscience qu’il allait trop loin. Au fond, c’est "un homme faible" qui n’avait plus de relation sexuelle avec son épouse depuis la naissance de leur deuxième enfant. Un homme, surtout, dont le vrai plaisir serait "de se sentir important et d’avoir du pouvoir" sur les autres. Son propre avocat rappelle aux jurés que le doute doit bénéficier à son client. Il suggère une peine de sept années de prison. Après cinq jours d’audience, l’ex-CRS a une nouvelle fois présenté ses "excuses" aux victimes. L’avocate des plaignantes regrette qu’il ne soit pas allé au bout de sa démarche et qu’il n’ait pas reconnu l’ensemble des accusations portées contre lui, à savoir l’accusation de viol.
Le jugement a été mis en délibéré.

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