Féminicide: un militaire tahitien de 22 ans suspecté d’avoir tué sa compagne

meurtre
Police (illustration)
©PATRICK KOVARIK / AFP
C’est un drame qui s’est déroulé le 1er janvier près de Saumur (Maine-et-Loire). Eléonore Places est morte assassinée après avoir reçue une dizaine de coups de couteau de la part de son petit ami. Ce dernier, un militaire tahitien du 2e RIMa, a été mis en examen pour meurtre et incarcéré.

 

"Il a été mis en examen pour meurtre aggravé par concubin et violences aggravées et placé en détention provisoire", a précisé à l’AFP le procureur de la République d’Angers Eric Bouillard. Le militaire des troupes de marine âgé de 22 ans avait déjà reconnu avoir assené des coups de couteau à sa compagne après son interpellation près des lieux du crime le 1er janvier.

Eléonore Places avait 27 ans et était depuis 2019, militaire au 2e régiment de dragons (2e RD) de Fontrevaud. Elle a été assassinée samedi 1er janvier vers cinq heures du matin à Chacé, près de Saumur. Avec son compagnon, la jeune femme habitait chez le frère de ce dernier, qui est aussi en poste au 2e RD. Selon les déclarations de l’avocat du suspect à l’AFP, le drame s’est déroulé au cours d’une "soirée très très alcoolisée" sur fond "de problèmes familiaux et de jalousie".

Une relation chaotique

Les deux militaires étaient dans une relation amoureuse depuis neuf mois. Pourtant, le jeune Tahitien faisait déjà l’objet de trois procédures judiciaires distinctes. Deux pour des violences contre sa compagne et une contre son frère. Pour les deux affaires concernant Eléonore Places, le militaire doit comparaître en correctionnelle à Lorient en janvier et au Mans en mars pour des faits remontant respectivement à l’été 2021 et à octobre 2021.

Pour ces violences, il avait été placé sous contrôle judiciaire lui interdisant d’entrer en contact avec la victime. Cela n’a pas été respecté. Le procureur de la République d’Angers a précisé que "la victime elle-même reprenait contact avec l’auteur. Ils avaient repris de fait, leur vie commune". De plus, explique Eric Bouillard, la jeune femme avait "refusé les mesures de protection proposées, car elle se sentait capable de se défendre". Le suspect est actuellement écroué à la maison d’arrêt des Croisettes, à Coulaines dans la Sarthe.

Après les 113 féminicides de l’année 2021, 2022 commence avec trois féminicides dès le 1er janvier. En plus de la jeune militaire, une femme de 56 ans a été retrouvée morte en Meurthe-et-Moselle, son conjoint a été placé en garde en vue. De même à Nice, le corps sans vie d’une femme de 46 ans a été découvert, son ex-conjoint s’est rendu et a été placé en garde à vue. Un bien triste décompte.