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Fermeture annoncée du consulat de France à Moncton (Canada) : quelles conséquences ?

La décision, prise au mois de janvier en conseil des ministres, a été annoncée le 4 octobre 2019 devant les représentants de l'Association des Français à l'étranger réunis à Paris. Cette décision suscite plusieurs réactions d'incompréhension. 

© ICI RADIO-CANADA/NICOLAS STEINBACH
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  • Par Margot Hutton
  • Publié le , mis à jour le
La fermeture du consulat de France à Moncton, au Nouveau-Brunswick (Canada) est prévue pour 2022, à la fin du mondat de Johan Schitterer, l'actuel consul. Cette annonce, si elle en a surpris plus d'un, reste dans la continuité des mesures prises par le passé. En 2015, il y avait déjà eu une réduction d'effectifs, le consulat passant de sept à cinq employés. 

Yan Chantrel, élu consulaire des Français à Montréal, a lancé une pétition, signée par plus de 1 700 personnes, pour le maintien de ce consulat. Selon lui, cette fermeture est incohérente avec le nombre croissant de Français qui s'installent au Nouveau-Brunswick. 


Démarches moins accessibles

Au niveau des Outre-mer, le premier territoire qui pourrait subir les conséquences de cette fermeture est Saint-Pierre et Miquelon. Le député de l'archipel Stéphane Claireaux a d'ailleurs envoyé un courrier au ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian pour l'avertir sur les potentielles conséquences de la fermeture du consulat. Dans ce courrier, le député précise que ce consulat est un "acteur majeur de la coopération franco-canadienne régionale autour des dossiers relatifs à [l']archipel."

En effet, c'est le seul consulat présent dans les provinces maritimes. Saint-Pierre et Miquelon coopère beaucoup avec ces provinces pour des raisons économiques, mais aussi dans le domaine de la santé. En effet, certains actes médicaux ne pouvant pas être pratiqués dans l'archipel, il est parfois nécessaire d'avoir recours à des évacuations sanitaires. L'autorité consulaire entre en jeu dans les cas où il y a une évacuation sanitaire vers le Canada pour une naissance compliquée, au quel cas, l'enfant naît sur le sol canadien. Or, la fermeture du consulat de Moncton compliquerait les démarches pour ces naissances. Elles devraient se faire avec le consulat de Montréal.

Or, celui-ci compte beaucoup plus d'inscrits et nécessite donc plus de temps pour traiter les demandes. "Pour quelque chose qui prendrait deux jours à Moncton, il faudrait compter une semaine à Montréal", précise le député Stéphane Claireaux. Les demandes faites de Moncton n'auraient pas la priorité à Montréal. 
 

Des conséquences qui passent mal

Rediriger les services vers Montréal compliquera d'autres démarches pour tous les Français inscrits sur la liste consulaire de Moncton. Il faudra se déplacer au Québec pour refaire un passeport, faire une procuration, une carte d'identité... Stéphane Claireaux estime que les distances ne sont pas bien prises en compte par les acteurs qui ont pris la décision de fermer ce consulat. Il faut plus de neuf heures de route pour aller de Moncton à Montréal. 

Emilie Pardoën, étudiante Saint-Pierraise en arts visuels à l'Université de Moncton considère que la fermeture du consulat pourrait fermer certaines portes à la communauté française basée à Moncton. "Je sais qu'ils proposent certaines activités pour les Français, par exemple la galette des rois, chose qui ne se fait pas au Canada !", précise-t-elle. Sans le consulat, il n'est pas certain que ce genre d'événement puisse se reproduire. 
 
D'autres aspects restent incertains après cette annonce, notamment la présence d'un bureau de vote à Moncton pour les diverses élections françaises. Il y aurait toujours un consul honoraire présent sur place, "mais ça ne suffirait pas à Moncton", ajoute Stéphane Claireaux.
 
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