Festival d’Avignon : "Moi Tituba, sorcière" de Maryse Condé adapté sur scène

théâtre
"Moi Tituba, sorcière" de Danielle Gabou au Festival d'Avignon
"Moi Tituba, sorcière" de Danielle Gabou au Festival d'Avignon ©TOMA
La metteuse en scène Danielle Gabou a adapté au théâtre le célèbre texte de Maryse Condé, "Moi Tituba, sorcière noire de Salem". L’auteure guadeloupéenne a assisté à l’une des représentations au Festival d’Avignon.

"Bonjour, nous vous présentons notre pièce Moi Tituba, sorcière noire de Salem, d’après le roman de Maryse Condé." Dans les rues d’Avignon colorées par les centaines d'affiches de spectacles, la metteuse en scène Danielle Gabou présente sa pièce aux nombreux festivaliers.

Une heure sur scène où la comédienne incarne tour à tour les personnages clés du roman Tituba, accompagnée au piano. L'oeuvre attise la curiosité des passants : "Ce qui m’attire c’est que ce soit écrit par Maryse Condé. Et là, de rencontrer les comédiens, c’est une vraie invitation à venir voir la pièce", explique une festivalière.

Cinq ans d’écriture

Cette adaptation du roman de Maryse Condé a demandé cinq ans de travail à Danielle Gabou. L'artiste salue notamment "l'écriture intemporelle, universelle" de l'écrivaine guadeloupéenne: "Quand on touche à l'amour, à l'être, c'est de tout temps."

J’ai rencontré Maryse Condé, je lui ai dit : "J’ai le projet d’adapter votre roman, est-ce que vous pouvez écrire l’adaptation pour le théâtre ?" Et Maryse m’a dit : "Il en est hors de question, si tu veux monter Tituba, il faut que tu trouves la Tituba en toi" (…) Elle m’a fait un immense cadeau parce qu’elle m’a fait confiance.

Danielle Gabou, metteure en scène et comédienne

L'affiche de la pièce "Moi Tituba, sorcière..." au Festival d'Avignon
L'affiche de la pièce "Moi Tituba, sorcière..." au Festival d'Avignon

Maryse Condé au Festival d’Avignon

La scène est plongée dans le noir, à l’exception de deux spots de lumière : un pour la pianiste Lise Diou-Hurtz et l’autre pour Danielle Gabou et les neuf personnages qu’elle incarne.

- N’es-tu pas la fille de cette Abena, qui avait tué un planteur ? - Elle ne l’a pas tué, tout juste blessé. - N’as-tu pas été élevée par une certaine négresse, Nago, sorcière de son état ? -Sorcière ? Sorcière ? Elle soignait et guérissait !

Extrait de la pièce "Moi Tituba, sorcière..."

Devant un public attentif, elle déroule l’histoire de Tituba, esclave et sorcière de Salem. Au premier rang, Maryse Condé retrouve les personnages de son roman.

"Il y a une différence entre son œuvre et la mienne. La sienne est une création nouvelle, forte et belle. Je trouve que sa Tituba est une réussite totale !", confie l'auteure.

A la fin de la représentation, sous les applaudissements, Danielle Gabou salue Maryse Condé. Deux artistes qui ont donné vie chacune à sa façon, à l’esclave Tituba, devenue femme libre.

Festival d'Avignon : Moi Tituba, sorcière... à 13h15 au théâtre de la Chapelle du Verbe Incarné, du 17 au 24 juillet