Football : le Calédonien Antoine Kombouaré est-il en train de gagner son pari à Nantes ?

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Antoine Kombouaré nouvel entraineur du FC Nantes
©Outre Mer la Première

Arrivé en février au chevet de Nantais au fond du trou, Antoine Kombouaré est parvenu à leur redonner des couleurs, mais le pari du maintien en Ligue 1 n'est pas encore gagné avant de recevoir Bordeaux samedi lors de la 36e journée.

"Ils savent qu'ils sont mauvais. S'ils sont là, c'est un peu de leur faute aussi" : dès sa première conférence de presse, le Kanak n'a pas choisi la douceur pour remobiliser ses joueurs. Loin des assurances répétées de Raymond Domenech, son éphémère prédécesseur, sur les qualités des Nantais, Antoine Kombouaré n'a eu de cesse de leur marteler la gravité de la situation, l'obligation de s'arracher sur le terrain, les 14 "finales" à jouer pour assurer le maintien. 

A son arrivée, ils venaient d'être piteusement éliminés en Coupe de France et affichaient une série record de 16 matches sans victoire. Surtout, ils pointaient à la 18e place, celle du barragiste, avec un seul point d'avance sur la zone rouge (Nîmes, 19e) et trois points de retard sur la sécurité (Lorient, 17e). Trois jours plus tard, l'équipe a mis fin à sa triste série en s'imposant à Angers (3-1). Mais malgré un exploit en mars au Parc des Princes (2-1), les Nantais sont restés inconstants et souvent fébriles.

 

"Prise de conscience"

Friables en défense, ils n'ont plus enregistré de "clean sheet" depuis début janvier. Et longtemps en manque de confiance en attaque, ils n'ont plus gagné à domicile depuis octobre. Résultat : Nantes est toujours 18e, avec seulement deux points d'avance sur Nîmes (19e) et quatre de retard sur Lorient (17e). Seule réelle différence: Dijon (20e), encore à portée du maintien en février, est désormais loin derrière. Mais la tendance est à l'optimisme : après s'être imposés à l'orgueil à Strasbourg (2-1), les Nantais ont enchaîné pour la première fois de la saison avec une nouvelle victoire, et celle-là avec la manière, dimanche à Brest (4-1).

Serait-ce grâce à la prime promise quelques jours avant le match à Strasbourg par le président Waldemar Kita en cas de maintien ? Peut-être pas : la première période des Canaris à Strasbourg a été l'une des pires de leur saison. Pour Kombouaré, c'est avant tout "une prise de conscience collective". "On a pris conscience de la situation, sinon on n'aurait pas gagné ces matches", abonde le milieu Imran Louza, révélation de la saison dernière qui a retrouvé son meilleur niveau à Brest. "À Strasbourg, on a failli être dans le trou mais on a su réagir. On n'a peut-être pas proposé le meilleur jeu, mais on a dégagé quelque chose de fort".

"Je m'attends à tout"

Depuis février, le coach calédonien "a un peu plus serré les vis. Il nous a mis les taquets quand il fallait", explique-t-il. "Rien de bien méchant, il aime beaucoup ses joueurs. Mais il nous fait passer des messages, que ça nous plaise ou pas". "Je suis toujours attentif, toujours vigilant, surtout très exigent avec eux", confirme le coach. "Au-delà du terrain, dans la vie de tous les jours, il ne faut pas les lâcher. Ce n'est pas propre à ce groupe, c'est générationnel et c'est aussi culturel". Lui qui avait sauvé Dijon de la relégation en 2018 et Valenciennes à plusieurs reprises, avait accepté de relever le défi nantais comme une "revanche personnelle" après son échec la saison dernière à Toulouse.

Si Nantes se maintient, son contrat sera automatiquement prolongé pour deux ans. Mais le pari n'est pas encore gagné: "Aujourd'hui, c'est encore difficile de parler de pari, d'objectif. On est en plein dans le travail, dans la difficulté... On est tellement loin au classement !" "Quand on regoûte à la victoire, on réenclenche quelque chose de positif, une dynamique. Il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin, surtout pas (...) Mais je m'attends à tout avec cette équipe..."